Pour ou contre un statut européen pour les ONGs ?

L’idée a été émise par l’UMP et pourrait faire l’objet d’une loi. Qu’en pensent les principaux intéressés?

Remettre de l’ordre dans les ONGs. C’est un des derniers souhaits formulé par Rama Yade, mi-juin, lors d’un débat organisé par l’UMP. Du temps où elle était encore Secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, quand ce secrétariat existait encore. Idée en l'air ou prémices d'un vrai projet?

Au passage, l'actuelle Secrétaire d'Etat aux sports appelait à construire plus de «partenariats» avec l’Etat, comme elle l’expliquait dans une déclaration à «l’UMP TV».

Derrière cette idée – développer les partenariats entre Etat et ONGs - se profile un autre projet de l’UMP, encore au stade, officiellement, de réflexion : la création d’«un statut européen» des ONGs, qui préciserait les «droits» et les «obligations» de chacune. «Un label européen de conformité», pourrait alors leur être délivré.

Parmi les objectifs affichés, mutualiser les moyens des ONGs et mettre un terme à la dispersion des initiatives des ONGs. Mystère, en revanche, sur les critères exacts de ce statut… encore en discussion.

Pas vraiment de réaction du côté des associations, qui attendent de voir en quoi consistera ce projet. Pour Julien Adda, directeur général de la Conférence permanente des coordinations associatives, (la CPCA), «il ne faudrait pas que sous couvert d’harmonisation, l’Etat cherche à faire de l’ingérence dans les structures.»

De l’ingérence ? Pas du tout, rétorque Marie-Dominique Aschlimann, en charge des questions humanitaires à l’UMP, pour qui ce statut permettrait de «faciliter l’action des ONGs», de mieux «coordonner des projets communs», de capter «des fonds» au niveau européen… Et surtout de renforcer leur coopération avec l’Etat.

Julien Adda reste sceptique : pour lui, la notion de plateforme européenne, qui existe déjà, semble plus pertinente.

En attendant la suite du débat, l'UMP savoure une petite victoire. Celle d'avoir lancé le débat «avant le PS»...

Commentaires

Enfants du Mékong pense que cette initiative représente un vrai danger pour la liberté d'action des ONG. Par définition les actions des ONG qui mettent le doigt sur des drames que les états concernés dissimulent, gênent les diplomaties. Il serait trop tentant pour des gouvernements d'attribuer un label de bonne ou mauvaise gouvernance aux ONG en fonction des intérêts du moment.

Elodie Vialle

La question d'un statut européen des ONGs pose, semble-t-il, problème à beaucoup d'associations. N'hésitez pas à nous envoyer une version plus détaillée de votre commentaire. Nous pourrons la publier afin d'apporter une contribution nouvelle au débat.