Et vous, donnez-vous des «Twollars» ?

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La dernière initiative solidaire sur Twitter ou comment utiliser les réseaux sociaux pour fédérer les élans de générosité.

Grâce à Youphil, vous n'ignorez plus rien des initiatives solidaires online, comme le microcrédit sur le web, ou encore ces sites qui vous permettent de collecter de l’argent en envoyant des emails.

Aujourd'hui, j'ai déniché une nouvelle "application 2.0" de la solidarité : le Twollar. Pour l'instant, c'est un peu balbutiant et complexe. Je suis encore loin de maîtriser les mystères du Twollar, et ma collègue Solène, qui a relu déjà deux fois l'article, encore moins.

Donc. Vous pouvez envoyer cette monnaie virtuelle à vos contacts sur le réseau social Twitter, en passant par cette interface. L'idée : distribuer des sortes de bons points, à vos contacts ou aux "Charities" - associations et ONGs - que vous appréciez. «C’est une monnaie de réputation», commente Stéphanie Baudart, community manager.

Un exemple? Emmanuel Gadenne, consultant web spécialiste des monnaies virtuelles, m'a envoyé 5 twollars via Twitter pour me remercier de m'intéresser à cette initiative (et surtout pour que j'y comprenne quelque chose). Une manière d'adresser publiquement un message - Emmanuel est suivi par 4717 followers - et de contribuer à ma bonne réputation sur Twitter.

A l'origine du concept, un petit jeune, Eiso Kant, un Hollandais tout juste sorti de l’adolescence mais déjà «consultant web». Il explique ci-dessous le principe du Twollar lors d’une visite à Paris

Envie de comprendre comment fonctionne le Twollar? Pour vous inscrire, c'est ici. D'emblée, vous serez gratifié de 50 twollars. «L’utilisateur reprend le pouvoir, en décidant à qui il envoie ses twollars», veut croire Eise.

Et l'élan de solidarité, il est où là-dedans? En fait, quand vous donnez vos Twollars à des ONGs, elles gagnent en visibilité. Et plus elles reçoivent de Twollars, plus elles sont populaires.

10 twollars = 1 dollar

Bien sûr, pour ces dernières, l'argent reste le nerf de la guerre. L’internaute peut donc convertir ses twollars… en dollars (taux de change : 10 twollars = 1 dollar) pour le donner aux assoces.

Une entreprise soucieuse d’adoucir son image peut également acheter – avec des vrais dollars, s’il vous plait - des milliers de twollars à une ONG, et apposer ainsi son logo à ses côtés.
Pas forcément hyper clair... Laurent François, responsable du pôle influence digitale au sein de l'agence de communication Ogilvy, reste sceptique : «Avec ce système, on rajoute de la difficulté à un outil [Twitter] déjà complexe. Cela risque de susciter du bruit plus que de l’adhésion.»

D'ailleurs, Twollars n'a pas créé le buzz, comme le montre ce graphique qui recense les Twitts mentionnant les Twollars.

Et sur le groupe Facebook de l'application, seulement 55 friends. Pas énorme... Comme je ne suis toujours pas convaincue, Emmanuel a la gentillesse de me crééer un compte sur Twollars

Je découvre alors que je suis très mal classée (la dernière, pour être exacte), sur le « Generosity ranking », mais, me précise Emmanuel, le but n’est évidemment pas de pointer du doigt les mauvais payeurs (comme moi, qui n’ai donné aucun Twollar à mes friends ou à une association), mais plutôt de créer une «dynamique ludique», chaque utilisateur essayant de «grimper» dans le classement.

Finis les jeux de vampire, place à l'entraide

«La solidarité ne se manifeste plus en cachette, explique Emmanuel. Les gens sont fiers de l’aide qu’ils peuvent apporter aux autres, d’être eux-mêmes un mini média qui a de l’influence.»

Twitter, outil encore complexe mais «qui a atteint sa maturité», dixit l'AFP, notamment lors des élections en Iran, pourrait donc contribuer à fédérer les élans de solidarité, un peu à la manière de Facebook.

«Au début, ces réseaux permettent d’entrer en relation avec des amis, puis s’installe une sorte de compétition pour avoir le plus de friends, analyse Emmanuel. Une fois qu'on a des milliers d’amis, on ne se limite plus à des jeux de vampires, mais on se dit qu’on peut, par exemple, agir contre le handicap».

Call-center de la solidarité online

Pour Laurent François, Twitter peut jouer un rôle solidaire, certes, mais plus en phase avec les attentes des utilisateurs, «à la manière d’un call center par exemple : en cas de crise humanitaire, les gens peuvent se mobiliser car ils sont informés en direct des événements».

Seul bémol : «ça manque de filtres», admet Emmanuel. Et pour cause : n'importe quelle association peut se créer un compte. Mais pour le jeune créateur de Twollars, qui détient les codes Gala Casino«le meilleur filtre, ce sont les utilisateurs eux-mêmes, qui diffusent des informations qui permettent de contrôler l'action des associations.»
Eiso le reconnaît : le Twollar est un concept encore compliqué. C'est pourquoi il a rangé ses cahiers d'étudiant en publicité pour se consacrer à plein temps à une version améliorée, présentée ici. Le nouveau concept devrait s'étendre au-delà des frontières de Twitter. Dans l'espoir, sans doute, de générer un buzz solidaire sur la toile.

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Commentaires

Je confirme, pas évident de tout comprendre, et puis, c'est certainement ringard de ma part, mais donner des "twollars" pour gagner en visibilité ou redorer les images des uns et des autres -d'ailleurs, c'est quelles associations ?- je pense que ce n'est pas la priorité... ou alors c'est plus grave que je ne le pensais.

Elodie Vialle

Evidemment, pour ces assoces, l'idée est de gagner en visibilité. Certaines soutiennent les droits des femmes, d'autres la protection de l'environnement ou encore les orang-outans... Voici le lien pour mieux les connaître.