Syrie: immersion dans un camp de réfugiés

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L’aventure débute début novembre à Reyhanli, à une quarantaine de kilomètres d’Antakya (sud-est de la Turquie). Avec Hamid*, un Syrien originaire d’Alep, nous y restons deux jours, le temps de visiter deux pensions réaménagées en hôpitaux pour les combattants de l’armée syrienne libre (ASL). La ville a doublé sa population avec l’arrivée des réfugiés. Dans les rues, les gens parlent arabe et les blessés mutilés errent dans les rues.

Le lendemain soir nous décidons de passer de l’autre côté de la montagne. Une fois la nuit tombée, le chemin est plus sûr pour traverser sans être repéré par la police turque. Il nous faudra marcher une bonne heure, sous les étoiles, avant de retrouver la route. Une voiture nous y attend et nous embarquons en direction d’un village à 40km d’Alep.

Nous arrivons dans un village privé d’électricité et d’eau courante. La pénombre - la nuit tombe vers 16h30 - et le calme des ruelles créent une atmosphère étrange. Mais les habitants s’adaptent. Ils ont ressorti les bougies et les lampes à pétrole. “Retour au Moyen-Âge”, plaisantent certains.

Les magasins sont ouverts et certains utilisent le moteur des voitures comme générateur électrique. L’électricité revient pendant une petite heure, toutes les six heures seulement. Cela permet de recharger les téléphones portables et d’allumer la télévision.

Toute la province d’Idleb est privée d’eau courante et d’électricité. Chaque soir, autour du feu, nous entendons les avions du régime syrien bombarder les villes alentours. Les bombes illuminent la nuit et rompent le silence oppressant qui nous entoure. Le village où nous nous trouvons a été bombardé il y a deux mois. Le village voisin avait accueilli les habitants pendant quelques semaines. Les façades des maisons gardent encore les stigmates de ces combats.

Les habitants ne rêvent que d’une seule chose: faire tomber Bachar al-Assad. Le soutien envers la révolution semble infaillible, ici. Les hommes du village qui ont pris les armes croient tous, avec un optimisme parfois déroutant, en un avenir meilleur.

La fin du périple approche. Pour regagner la Turquie nous passerons par un autre chemin, plus court et, cette fois, en pleine journée. Avant cela, je me rends dans un camp de réfugiés situé un peu avant la frontière. Depuis que la Turquie a fermé ses portes, les Syriens se massent près de la frontière. Tous ont fui leur village en ruines et les bombardements.

*Les prénoms ont été modifiés.
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