Son job: coureur de fonds

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C'est un métier encore peu connu, qui permet de « joindre l'utile à l'agréable », « l'engagement au labeur ». Formules de marketing? Tout juste.

Le fundraiser, ou professionnel de la collecte de fonds, met en oeuvre tous les outils de communication et de marketing pour permettre aux associations, aux fondations et à l'ensemble des structures d'intérêt général de trouver de nouvelles sources de financement.

De plus en plus, les universités cèdent à leur tour aux sirènes des fonds privés (lire notre article ici) et recourent donc aux services de ces pros du message ciblé.

Des subventions publiques aux fonds privés

Ils seraient environ 1500 en France à vivre de cette activité, selon l'Association Française des Fundraisers (AFF). Et leur entreprise ne connaît pas la crise. Ou plus exactement : elle en profite.

Les caisses de l'Etat à sec obligent en effet les établissements qui vivaient auparavant des subventions publiques à recourir à de nouveaux donateurs.

Et depuis 2003, la loi sur le mécénat encourage les particuliers et les entreprises à se montrer généreux, notamment avec des déductions fiscales intéressantes.

La présence de la secrétaire d'Etat Rama Yade à l'ouverture du séminaire annuel de l'AFF en dit long sur l'intérêt que les pouvoirs publics portent à l'émergence de nouveaux financements, privés, pour remplacer les subventions que l'Etat, les ministères ou les collectivités fournissaient auparavant.

Business et engagement

Reste que les structures qui ont besoin de fonds ne savent pas où trouver ces philanthropes aux profils variés: grandes fortunes, PME, simples particuliers... C'est une des missions du fundraiser.

Contacté par les associations, fondations ou établissements publics, il met en oeuvre une étude de faisabilité. Objectif : prospection. Faire un état des lieux, afin de définir le positionnement de la structure et de déterminer une stratégie spécifique.

Un consultant en fundraising touche environ 10 000 à 15 000 euros pour cette première étape. Beaucoup refusent en effet les propositions des associations qui souhaitent les rémunérer en fonction des résultats.

Si l'étude est concluante, on passe à l'action. Mailings, événements, constitution de base de données de donateurs, mini-sites... Toute une gamme de services est déployée par les fundraisers pour susciter les dons, convaincre les mécènes. C'est la phase deux, le marketing direct.

En agence, en freelance ou au sein des structures

Une règle essentielle du métier : pour que quelqu'un donne, il faut un message fort, simple. Expliquer précisément à quel programme les dons seront affectés. Et travailler en coordination avec les associations.

D'où ce recours à un professionnel, qu'il soit consultant ou qu'il travaille en agence. Un certain nombre d'organismes commence également à prévoir dans leur budget un poste dédié à la collecte de fonds, cette fois-ci en interne.

Car, malgré la crise, les comportements des Français en terme de générosité et de dons n'ont pas sensiblement varié, comme le prouve la dernière étude publiée par le Cerphi (cliquer ici).

Pur produit du capitalisme, le fundraiser résiste aux soubresauts de ce dernier et apparaît même comme une alternative, en liant business et engagement.

Retrouvez notre dossier sur les métiers solidaires:

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Commentaires
izialexandre

La non-rémunération aux résultats ou pire au pourcentage de la collecte des fundraisers, fait partie intégrante de la charte éthique de l'Association Française des Fundraisers. C'est l'assurance que l'argent collecté va à la cause et non au prestataire, qui est rémunéré pour son travail mais ne ponctionne ainsi pas la générosité.

Les tarifs d'un consultant en fundraising ou d'une agence rendent accessibles leurs prestations à quelques centaines d'associations en France, qui ont des budgets suffisants.
En effet, un demi-million d'associations en France ont moins de 5 000 euros de budget annuel et 84% sont exclusivement constituées de bénévoles. Celles-ci sont aussi fortement touchées (si ce n'est plus durement) par la baisse des subventions publiques, notamment des collectivités locales, que leurs grandes sœurs.

Pour collecter sans fundraiser, Internet constitue pour ces associations, le canal le plus simple et le plus économique d'appel à don et/ou cotisation. Ainsi, nous œuvrons pour qu'avec des outils comme IZI-collecte (http://www.izi-collecte.com), un maximum de petites structures associatives puissent passer cette crise, en compensant la baisse des aides publiques par la générosité des individus sensibles à leur cause.

FredOptimus

Bientôt 15 ans de bons et loyaux service dans le secteur de la philanthropie dont une grande partie au sein de l'agence Optimus, agence spécialisée en collecte de fonds (http://www.optimus.fr/) et je le revendique haut et fort : le métier de fundraiser est l'un (il y en a d'autres j'avoue !) des plus beaux métiers du monde.

Au delà du marketing, des techniques, études de faisabilité, test, ROI (return on investment), re-test, fundraising online, programme legs....etc...nous fundraisers professionnels avons tous une foi qui nous anime au quotidien : changer le monde ou tout du moins permettre aux organisations que nous conseillons de le faire !

Car de nos jours le fundraiser, qu'il soit au sein d'agences, de cabinets de consultant ou au sein d'une organisation Non Profit, c'est un peu l'homme (ou la femme!) de l'ombre mais c'est sur cette ou ces personnes que repose une part souvent très importante des ressources privées d'une organisation. Il faut certes beaucoup de connaissances techniques, marketing pour collecter des fonds mais jamais oh grand jamais nous n'oublions que nous sommes juste là pour mettre en relation de la meilleure façon possible des gens tout simplement. "People give to people for people" nous rappelle les anglo-saxons, c'est l'art et la noblesse de ce métier. Faire en sorte qu'une organisation soit soutenue par une personne qui avait autant envie que besoin de soutenir...il ne s'agit pas d'argent (même si on en parle beaucoup...) mais de relation.

Laissez moi vous raconter juste une petite histoire à ce propos. J'ai moi-même pendant près de 10 ans eu le plaisir d'accompagner au sein d'Optimus la Fondation hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France (http://www.fondationhopitaux.fr/) dans l'organisation d'une magnifique opération de collecte de fonds, l'opération "Pièces jaunes".

En 10 ans, grâce à un marketing très poussé, la collecte est passé de 1,5 M€ à près de 10 M€ et a permis de financer de nombreux projets d'amélioration des conditions de vie des enfants à l'hôpital, notamment dans les services pédiatriques.
En 2004, à la naissance de ma fille Violette, nous nous sommes retrouvés mon épouse et moi dans différents services de pédiatrie suite à une légère malformation de la hanche de mon petit bout de chou. L'un de ces services avait une salle de jeu pour les enfants, des livres, beaucoup de couleur partout, bref tout pour faire oublier à des enfants et des parents le côté angoissant de l'hôpital. Sur un mur une petite plaque : "cet espace pour les enfants a été financé grâce à l'opération Pièces Jaunes"...

Nous faisons le plus beau métier du monde...