Des associations en mal de générosité

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Crise oblige, plus de la moitié des donateurs prévoient de diminuer leurs dons ou de les stopper. Avec le risque de pénaliser des associations déjà fragilisées. 

C’est un paradoxe tenace dont il semble de plus en plus compliqué de s’extraire. La crise économique fait de plus en plus de laissés-pour-compte (chômeurs, précaires, SDF...), mais ceux qui sont en mesure de les aider, comme les associations, sont également confrontées à une baisse de leurs ressources.

Alors que la crise de 2008 ne s’était pas immédiatement fait sentir sur le plan de la générosité, la période 2010-2012 se caractérise par un ralentissement des dons, le montant total stagnant à un peu moins de deux milliards d'euros en 2010 (pdf). Aujourd’hui, ce sont les intentions de dons qui inquiètent le secteur associatif.

France générosités, syndicat professionnel qui regroupe des organismes de solidarité, vient de lancer "L’Observatoire France générosités", un sondage permettant de mieux comprendre la relation entre les Français et les associations, et dont la première édition fait état de perspectives plutôt moroses.

Le robinet du don se referme

Cette année, 53% des Français qui effectuent des dons en argent aux associations et aux fondations prévoient de diminuer le montant de leur don ou de ne plus en faire, conclut l’enquête. Un problème de taille, puisque les ressources privées, c’est-à-dire les dons, le mécénat et les ventes aux usagers représentent le plus grand soutien des associations.

"Nous espérons que la réalité sera plus positive, mais ce sondage traduit un énorme malaise chez les Français. Un quart d’entre eux (24%) disent avoir du mal à ‘joindre les deux bouts’, et ne sont donc plus en mesure de donner aux associations", explique Françoise Sampermans, présidente de France générosités. Les Français préfèrent aider en priorité leurs proches ou des associations de proximité."

L'aide aux malades et aux personnes handicapées en danger

Certains secteurs risquent donc de pâtir de cette redistribution des cartes. Si la recherche médicale est la première cause soutenue par les Français, suivie de l’aide à l’enfance et de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, l’urgence, l’aide aux malades et aux personnes en situation de handicap vont très probablement faire les frais de ce contexte économique dégradé.

À cette potentielle diminution des dons s’ajoute un désengagement de l’État, déjà important avant la crise. Aujourd’hui, 46% des associations déclarent souffrir de la baisse des subventions, d’après l’étude Deloitte-CNRS dévoilée le 25 octobre 2012, à l’occasion de la 7e édition du Forum National des Associations & Fondations. Il faut dire que le nombre de créations d’associations s’est considérablement accéléré ces dernières années, réduisant la part du gâteau.

Trouver de nouveaux donateurs, un enjeu crucial

Les associations tentent donc d’anticiper la baisse des dons privés. "Des grandes organisations telles que Médecins sans frontières (MSF) ont lancé des campagnes de récolte de fonds en octobre, alors que d'ordinaire, elles attendent novembre et les fêtes de fin d'année", observe Françoise Sampermans. Mais cela suffira-t-il?

"Il faut trouver de nouveaux moyens de collecte pour toucher de nouveaux donateurs, en utilisant par exemple les nouvelles technologies et en déployant davantage d’efforts pour informer le public sur les possibilités de legs". En somme, rivaliser d’inventivité et mieux communiquer, sur le web notamment, pour ne pas mettre la clé sous la porte.

Crédit photo: micah.e/Flickr
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Commentaires
axylia

Hélène, merci pour cet article. Attendons les chiffres définitifs qui ont toujours été, ces dernières années, supérieurs aux attentes les plus pessimistes. Les gens savent tailler dans le superflu dont il n'est pas certain qu'il soit associatif. Pour ce qui de l'Etat, là les choses sont plus sûres...
Mais il ne faut pas baisser les bras. Mme Sampermans et Bastien ont raison. Il faut trouver de nouveaux moyens de collecte. Ils existent, je les ai rencontrés !
Je sors d'un tour d'Europe qui m'a permis d'identifier pour la première fois près de 500 produits financiers qui reversent de l'argent à des associations et fondations. Les pistes solides et efficaces existent. C'est un secteur qui est très actif depuis son origine en 1974 en Allemagne. C'est un secteur méconnu des fundraisers français notamment qui s'appuient sur des expériences en cours, en voie d'extinction. Le potentiel d'une duplication des meilleures pratiques à large échelle permettraient de générer plusieurs centaines de millions d'euros.
Conférence de presse pour la sortie de l'étude le 13 novembre 2012.
A bientôt
Vincent Auriac
Associé-fondateur de Axylia Conseil
www.axylia.com

Bonjour,

Merci pour cet article. Chez ButterflyEffect (http://butterflyeffect.fr) nous travaillons dans ce sens en essayant d'innover dans le domaine de la collecte sur mobile. Notre application regroupe des associations françaises et leur permet de présenter leurs activités, leurs missions mais surtout de collecter des dons.

Nous travaillons à de nouveaux moyens de collecte (courir pour donner, regarder une vidéo pour donner) donc je vous invite à suivre l'actualité de notre blog http://blog.butterflyeffect.fr car notre actualité des prochaines semaines ira dans ce sens !

A bientôt et merci à l'équipe de Youphil pour ce blog !

Bastien Siebman
Associé-fondateur ButterflyEffect,
les applications mobiles solidaires.
bs@butterflyeffect.fr 06.45.71.85.63