Mois de l'économie sociale et solidaire: Benoît Hamon ouvre le bal

Email this pageEnvoyer à un ami0CommentairesImprimer

Obsolescence programmée, label ESS, grande campagne de communication: le ministre détaille ses priorités.

"Merci du travail que tu fais Benoît." Assis dans un fauteuil du style Louis XVI, Benoît Hamon écoute, tout sourire, les louanges des acteurs de l'ESS. Ce jeudi 25 octobre 2012, le ministre est accueilli comme un roi au lancement national du Mois de l'économie sociale et solidaire.

L'événement a lieu au Réservoir, salle de concert préférée cette année au traditionnel Comptoir Général, plus estampillé "évènements solidaires"."Etre présents dans le gouvernement... On n'en revient toujours pas", glisse un acteur de l'économie sociale et solidaire, l'air radieux.

Au gouvernement certes, mais avec un manque de visibilité cruelle en comparaison avec Arnaud Montebourg, qui n'hésite pas à mouiller le maillot (ou plutôt la marinière) au nom du "Made In France". Produire local, donc responsable: un sujet sur lequel Benoît Hamon aurait pu, lui aussi, être visible.

> Une campagne de communication en novembre pour valoriser l'ESS

Après avoir rencontré la plupart des acteurs du secteur depuis mai dernier, c'est donc le temps de l'action pour Benoît Hamon. Ou plutôt celui de la communication, en attendant le projet de loi qui devrait être présenté au printemps prochain. 

Son ministère lance en effet une campagne à partir du 4 novembre à l'occasion du Mois de l'économie sociale et solidaire. 

"Ce sera une grande campagne, annonce Hamon. Nous allons communiquer dans la presse locale régionale, les radios, notamment indépendantes, lancer un site, afin de montrer que c'est une économie qui bénéficie à tous", poursuit le ministre.

La cible: le grand public certes, mais aussi les décideurs. "On porte des valeurs, il faut le dire, mais l'économie sociale et solidaire est aussi un modèle pérenne", répète à l'envi le ministre, qui évoque "un travail d'acculturation indispensable pour prendre en compte le fait que les SCOP peuvent être performantes, faire du résultat."

Et de citer l'exemple d'une entreprise d'Annecy qu'il doit visiter ce vendredi 26 octobre. Mise en liquidation, elle doit faire l'objet d'une reprise par des entrepreneurs étrangers."Mais je vais soutenir les salariés , car la reprise en SCOP reste le modèle le plus viable."

> Le label, toujours d'actualité, toujours difficile à définir

Autre sujet d'interrogation, la mise en place d'un label pour l'ESS, à travers la loi qui doit être présentée dans les prochains mois. Le sujet divise le secteur.

Une entreprise sociale est-elle forcément une entreprise ayant un statut coopératif? Ce n'est pas le cas, par exemple, de Mozaïk RH, dont nous vous parlions en 2009, et citée comme un exemple par Benoît Hamon. Les entrepreneurs sociaux peinent aussi à s'accorder sur la question de la limitation des salaires. 

Le Mouves propose que le salaire le plus élevé dans une entreprise sociale ne soit pas plus de 10 fois supérieur au salaire le plus bas. Cinq fois, disent certains. Vingt, renchérissent d'autres.

"Je suis favorable à un label qui intègre toutes les dimensions de l'économie sociale et solidaire", explique le ministre sans vraiment trancher sur les critères d'obtention. "Les acteurs de financement doivent pouvoir reconnaître les acteurs de l'ESS, et cela passe par la mise en place d'un label."

La Banque Publique d'Investissement (BPI), est en effet une mesure phare de François Hollande. Cette structure, qui devra être dotée de 20 milliards d'euros de fonds propres et d'une capacité totale de financement de 40 milliards d'euros, devrait intégrer 500 millions d'euros de crédits pour développer les structures existantes de l'ESS et en financer de nouvelles.

> Un chantier sur l'obsolescence programmée

Anne-Sophie Novel, auteure de Vive la Co-révolution. Pour une société collaborative, interroge alors le ministre sur la consommation durable, évoquant l'étude Youphil/Ethicity publiée en exclusivité sur Youphil.com. "Je suis à l'Iphone 4, ce qui fait sans doute de moi un has been", lâche le ministre, qui reprend, plus sérieux: "Nous planchons sur l'obsolescence programmée en ce moment. Il faut s'interroger sur ces cycles d'innovation et notre rapport aux modes de productions." Benoît Hamon repart sous les salutations de ses nombreux courtisans. Jusqu'ici, il n'a essuyé aucune critique du secteur. 

Crédit Photo: Benoît Hamon au lancement du Mois de l'économie sociale et solidaire, le 25 octobre à Paris. L'avisé.

 

> Plus d'infos sur le Mois de l'économie sociale et solidaire.

Email this pageEnvoyer à un ami0CommentairesImprimer