Comment concilier consommation durable et pauvreté?

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Quelle consommation durable pour les Français vivant sous le seuil de pauvreté? Youphil vous révèle en exclusivité l'étude d'Ethicity.

> Cet article a initialement été publié dans la Lettre Professionnelle "Tendances de l'innovation sociétale" consacrée à la Consommation durable chez les Français vivant sous le seuil de pauvreté. (A télécharger ici)

Premier enseignement de l'étude d’Ethicity: le fait de vivre avec moins de 964 euros par mois et par personne ne donne pas forcément des inquiétudes radicalement différentes de la moyenne des Français.

Le trio de tête des préoccupations est même identique, mais dans un ordre différent. Chez les plus pauvres, le coût de la vie est cité -sans surprise- le plus souvent parmi les trois principales préoccupations (47,8%), devant le bien-être des proches et la santé.

Chez la moyenne des Français, le bien-être des proches arrive largement en tête (55,1%), devant la santé (40,7%) et le coût de la vie.

Quid du développement durable?

Les plus défavorisés sont moins nombreux que la moyenne des Français à considérer le développement durable comme "une nécessité": 61,8% contre 68%. Cela reste tout de même une inquiétude forte pour une population surtout contrainte par l'argent.

La préoccupation "durable" semble d'ailleurs davantage résonner en eux que le souci environnemental: 12,7% pensent "que l'on s’inquiète trop au sujet de l’environnement", contre 6,4% dans l'ensemble de la population.

Les questions liées au détail du développement durable semblent pourtant floues, avec un pourcentage de non réponse plus important que dans la moyenne des Français.

Petits gestes et comportements

Sur les comportements de consommation durable, c'est l'argument financier qui fait loi: il est invoqué à 28,9% (contre 18,6% en moyenne) pour justifier l'absence d'évolution vers des comportements plus durables.

Les gestes les plus systématiques sont ceux qui permettent des économies évidentes: réutilisation d’objets, transports en commun, maîtrise des consommations d’eau et d’énergie... D'autres éco-gestes sont moins bien intégrés (surtout chez les hommes): la mise aux ordures plus fréquente des fruits et légumes qui n’ont plus l’air frais ou des produits qui ont dépassé la date de péremption, et le tri moins fréquent des déchets.

Les plus pauvres semblent aussi davantage dépassés que la moyenne face à l'offre de produits verts ou durables (48,5% pensent qu'il y en a trop contre 37,9%).

L’important est de sensibiliser

De tous ces sujets semblent donc émerger un enjeu crucial de sensibilisation, qui passe souvent par les proches, avec un rôle important des enfants: 12,1% des pauvres ayant changé leur comportement en faveur du développement durable dans les 12 derniers mois ont été poussé par leur entourage (9,1% pour la moyenne des Français).

Environ 22% sont “tout à fait d’accord” pour reconnaître le rôle des hypermarchés dans cette pédagogie (19,8% pour la moyenne des Français).

Mais attention à ne pas trop multiplier les messages et surtout à démontrer les bénéfices personnels de la consommation durable, simplement et concrètement. Une attitude qui pourrait profiter à tous.

 

> Consultez l'étude réalisée par Ethicity

> Consultez notre rubrique spéciale sur la Consommation responsable.

 

Crédit photo: kozumel/Flickr
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