À Limeil Brévannes, un centre commercial solidaire

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Tout un quartier de cette ville du Val-de-Marne retrouve une activité économique grâce au premier centre commercial éco-solidaire d'Île-de-France.

> Cette initiative figure dans notre dossier "Les 10 initiatives solidaires de 2012 à retenir"

La plupart des rideaux métalliques des magasins sont encore fermés, dans le centre commercial des Tilleuls. Depuis quelque temps pourtant, la place du quartier Saint-Martin de Limeil Brévannes (Val-de-Marne), en plein cœur d’une zone urbaine sensible (ZUS), semble retrouver un peu de dynamisme.

À la fin du mois de juin 2012, le quartier a été tiré de sa torpeur économique par l’inauguration d’Eco-Sol, le premier centre commercial éco-responsable et solidaire d’Île-de-France. Un projet placé sous le haut patronnage du ministère délégué chargé de l’Économie sociale et solidaire, et financé principalement par la région et grâce à du mécénat. 

Une friperie a d’abord vu le jour. “Cela permettait à certains de trouver des vêtements à bas prix et à d’autres de gagner de l’argent. Rapidement, on nous a dit qu’il manquait des habits pour les enfants, alors nous avons créé une friperie pour bébés”, explique Stéphane Bayet, directeur de la régie de quartier de Limeil Brévannes.

Deux friperies ont d'abord vu le jour dans l'ancien centre commercial des Tilleuls, à Limeil Brévannes (94).

 

Petit à petit, l’ancien centre commercial a trouvé un second souffle. Un salon de coiffure, un traiteur et une auto-école réservée aux jeunes du quartier devraient également bientôt voir le jour.

Mixité sociale

En attendant, la prochaine grande étape de ce centre commercial d’un nouveau genre, c’est l’inauguration de Panier Plus. Cette épicerie sociale et solidaire qui favorise les produits locaux est destinée aux familles les moins aisées du quartier, mais pas seulement. “Nous ne voulons surtout pas stigmatiser les populations qui vivent ici”, argumente Stéphane Bayet.

C’est là que Panier Plus se démarque des épiceries sociales comme les Restaurants du Cœur par exemple, “un modèle utile et complèmentaire”, insiste-t-il. Chacun peut venir faire ses courses: les plus aisés ne bénéficieront d'aucune réduction, alors que les plus pauvres payeront en fonction de leur "reste à vivre" établi par un comité éthique, soit la différence entre les ressources et les charges du foyer.

L'équilibre économique que recherche Panier Plus repose entièrement sur cette mixité sociale: “Tous les trois mois, le bilan financier de l’épicerie sera fait. Les bénéfices seront reversés au comité éthique, qui se chargera ensuite de les reverser aux familles les plus nécessiteuses via une carte à utiliser dans l’épicerie, explique Stéphane Bayet. Plus les gens aux revenus élevés viendront faire leurs courses, plus il y aura de bénéfices à partager.

Chantiers d’insertion

Ce centre commercial éco-responsable est donc destiné à développer le quartier, en favorisant l'emploi local. Tous les commerces sont des chantiers d'insertion et les salariés sont principalement des habitants du quartier, qui étaient très éloignés de l'emploi pour la plupart. "Nous ne souhaitons pas faire de l'assistanat en aidant seulement les plus pauvres à faire leurs courses. Nous voulons aussi recréer de l'emploi", indique Stéphane Bayet. L'idée est de créer huit commerces et environ 50 emplois d'ici l'année 2015.

Encore jeune et innovant, ce projet "est duplicable", insiste le directeur de la régie de quartier, qui souhaite faire germer l'idée dans beaucoup d'autres endroits.

 

Crédit photo: Rd. Vortex/Flickr 
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