Pas de bras, pas de médias!

Au moment de leur entrée dans l'arène paralympique, les athlètes handisports souffrent toujours d'un manque de médiatisation.

L’annonce est presque passée inaperçue. Le 14 août 2012, dans un communiqué officiel, France Télévisions annonce le bouleversement de sa grille de la rentrée pour la durée des Jeux paralympiques de Londres, du 29 août au 9 septembre 2012. Le groupe décide de programmer un magazine quotidien à une heure de grande écoute, dirigé par le journaliste sportif Patrick Montel.

C’est une vraie bonne nouvelle. La décision de la chaîne nous a vraiment rassurés”, commente Jean Minier, directeur technique national (DTN) de la Fédération française handisport (FFH). Cette année et pour la première fois dans le dispositif de France Télévisions, l’intégralité des épreuves sera retransmis en direct sur Internet.

Avec près de 4200 athlètes engagés dans la compétition et 166 pays représentés, les Jeux paralympiques de Londres sont d’ores et déjà les plus importants jamais organisés, avec ceux de Pékin en 2008.

Mais avant l'annonce de France Télévisions, aucune émission en direct n’était en projet. Pourquoi ce revirement? France2, “plus grand terrain de sport” autoproclamé, a tout simplement cédé à la pression. La décision de n’accorder aucun direct aux épreuves paralympiques a fait des vagues au sein de la FFH, mais pas seulement.

Une pétition demandant au directeur des sports de France Télévisions d’accorder plus de temps d’antenne aux Jeux a circulé sur le web. "Je suis sportif valide, mais je m'intéresse beaucoup à l'handisport. Je trouve normal que les Jeux paralympiques bénéficient de plus de visibilité", explique Benoît Coulon, l'auteur de la pétition. À la mi-août, celle-ci avait déjà recueilli plus de 17.000 signatures.

“Des Jeux pas encore mûrs”

Tous les quatre ans pourtant c’est le même débat. Pourra-t-on visionner les épreuves en direct sur une chaîne nationale? Non, seule la chaîne locale TV8 Mont Blanc en diffuse: 77 heures de direct pour 11 disciplines au total.

Pour Jean Minier c’est avant tout “un problème de maturité, les paralympiques ne sont pas encore prêts pour une exposition médiatique comme les JO”. Réaliste, le DTN ne botte pas en touche: “La FFH ne compte que 50.000 licenciés contre 1,2 million de sportifs valides. Nous ne pouvons pas réclamer la même visibilité sur un événement de ce genre.

La cinquième roue du carrosse

Les Jeux paralympiques auraient-ils du mal à trouver leur public? Pas sûr. Selon le site Internet du quotidien britannique The Telegraph, plus de deux millions de billets ont déjà été vendus, battant du même coup le record de Pékin en 2008.

Le problème est ailleurs pour Jean Minier. “Tous les sports ne sont pas sur le même pied d’égalité. Mais dire qu’il y a un manque d’intérêt de la part du public, c’est l’argument utilisé par beaucoup de médias pour ne pas couvrir l’événement.” Selon lui, cette situation est surtout révélatrice du statut des personnes à mobilité réduite dans notre société. “En France, il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir sur ce sujet.

Pays organisateur des quatorzièmes Jeux paralympiques, le Royaume-Uni a décidé de montrer l’exemple. Plus de 400 heures de compétitions en direct sur différentes chaînes, dont Channel4 qui a réalisé un clip promotionnel à la gloire de ses héros pas comme les autres.

Pékin avait fait fort en 2008, mais c’était de la poudre aux yeux. Cette année Londres a soigné les installations, mais aussi l’accès dans la ville.” Verdict dans quelques jours.

Crédit photo: Crystian Cruz/Flickr

Commentaires
Michel.SAS

Il faut cesser de penser que l'handicap ne fait pas partie de nôtre vie , que certains l'isolent , que plus on en parle mieux c'est...! Ce qui s'est vu
durant les jeux à londres et pendant lesquels tous ces sportifs de haut niveau nous ont démontré une telle force nous serve de leçon . Ce que j'ai vu moi me laisse pantois, j'en avais même oublié que je regardais des sportifs handicapés , et j'avoue que je suis heureux de de l'avoir oublié ..! Eux , nous, une "différence" existe mais parfois je me demande si ce n'est pas nous qui le sommes...? Suivre les jeux olympiques fut un réel plaisir, mais suivre les exploits , les performances, de nos sportifs "handicapés" c'est une leçon qui nous est donnée . Bravo ! Chapeau ! et MERCI .