
[Mise à jour du 8 août 2012: une étude de l'ONU et du gouvernement syrien indique que près de trois millions de Syriens les plus pauvres auraient besoin d'aide alimentaire dans ce pays ravagé par la guerre civile]
Pris en tenaille entre les feux de l'armée syrienne et ceux des forces rebelles, des milliers de Syriens fuient la ville d'Alep depuis la fin du mois de juillet. D’après l’ONU, les forces aériennes de l’armée régulière syrienne frappent les insurgés au sol dans cette ville du nord-est du pays. Ces derniers possèderaient des chars et des armes lourdes. Les exécutions sommaires se multiplient de part et d’autre.
L’exode
Près de 200.000 personnes ont fui la ville, selon l’ONU. Certains se cachent dans les alentours d’Alep, et d’autres parviennent à franchir les frontières pour rejoindre les pays limitrophes: le Liban, la Jordanie, l’Irak, et surtout la Turquie. Cette dernière accueille actuellement plus de 44.000 réfugiés dans huit camps.
Certains Syriens, dont des rebelles blessés, affluent dans les hôpitaux turcs, dont celui de Kilis. Comme en témoigne Hassan, un jeune Syrien avec qui nous sommes entrés en contact.
Pour l’instant, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) a identifié près de 120.000 personnes en exil. Et ce chiffre grandit à chaque heure.
> Regarder la carte des flux de réfugiés vers les pays voisins de la Syrie (chiffres du 27 juillet 2012):

Par ailleurs, une douzaine de milliers de Syriens ont également rejoint l’Algérie dont l'accord bilatéral avec la Syrie facilite les déplacements entre les deux pays.
L’aide humanitaire sur le front
Le UNHCR présent à Alep met en place tant bien que mal l’aide humanitaire. Mais la violence des affrontements l’a obligé à réduire sa “capacité opérationnelle”. Il travaille de concert avec le Croissant rouge arabe syrien à Alep en lui envoyant des ravitaillements depuis Damas, la capitale syrienne.
De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé l’envoi d’une aide alimentaire supplémentaire à Alep, pour 28.000 personnes.
Le conflit syrien né d'une insurrection contre le régime de Bachar al-Assad en mars 2011 a donc dégénéré en véritable guerre civile. Avec deux camps armés jusqu’aux dents qui s’affrontent et des plans de paix de l’ONU qui échouent successivement, le résolution du conflit semble de plus en plus improbable.












