Un pavillon pour la société du 21e siècle

Gilles Berhault, président du Comité 21, raconte comment des acteurs français se sont associés pour faire entendre la voix de la France à Rio+20. 

Le pavillon de la France a fermé à Rio de Janeiro. Il a été, pendant trois jours, le point de rencontre et la "caisse de résonnance" des contributions françaises au Sommet de la Terre.

Ce pavillon national a été unique en son genre par sa forme, son organisation, son animation. A l’initiative du Comité 21, des entreprises, des collectivités territoriales, des structures académiques et un syndicat se sont associés avec l’Etat pour financer et concevoir cette plateforme relationnelle.

La recette était simple: un plateau de télévision entouré de chaises, un "bistro", des lieux de réception. L’espace convivial était complété par un pavillon virtuel, une web TV.

Le résultat est quantitatif: 56 débats, 230 intervenants, 10.000 visiteurs, 20.000 vidéos vues sur internet, 500 personnes pour la visite du Président de la République… et qualitatif avec des rencontres exceptionnelles: Muhammad Yunus, Jean Jouzel, Chef Raoni, Gérard Mestrallet, Jean-Pascal Tricoire, Jacques Auxiette, Bettina Laville et bien d'autres… sans oublier le Président de la République, François Hollande entouré de ministres.

La transition est en marche

La Pavillon France a été un lieu où la parole était forte, libre, originale… où l’écoute était aussi importante que l’envie de convaincre. Un espace de créativité, ouvert et généreux.

C’est la grande réussite de Rio+20, l’apparition d’une nouvelle société, où chaque parole est intéressante, au delà des fonctions et des grades.

La transition est en marche, le monde s’est déjà transformé, en collaborations, il s’est inventé à Rio+20. Dans ce monde d’aujourd’hui, où nous passons plus de 50% de notre temps professionnel avec un écran et un clavier, c’est à partir de rencontres créatives que peuvent se trouver les solutions nouvelles.

Le pavillon était situé à 20 minutes du centre de conférence où étaient présents les représentants des pays, les négociateurs et la société civile, dans une ambiance de moquettes marrons, de tubes néon, de cloisons en mélaminé, de plantes en plastique.

Comment peut on sérieusement partager sens et valeurs? Comment peut-on intégrer la diversité du monde? Comment peut-on quitter ses modèles anciens dans ce contexte triste?

Un imaginaire collectif à construire

Très probablement le pavillon de la France a montré ce que devrait être une conférence internationale… évidemment à une autre échelle que la nôtre. Un imaginaire est à construire, avec la participation des plus jeunes, dans le monde d’aujourd’hui où se mêlent les échanges virtuels et dans la "vraie vie".

Crédit: Lodian/FlickR