Richard Branson veut "remettre le monde sur les rails"

Le patron de Virgin, connu pour ses engagements, livre son analyse sur le Sommet de la Terre à Rio. 

> De notre correspondante à Rio

Entrepreneur perpétuel et grand philanthrope, le Britannique Richard Branson a participé au World Green Summit en parallèle de l’ouverture de la conférence de l’Onu sur le développement durable. En jean, comme à son habitude, il a livré à la presse son opinion sur le Sommet… et suggéré quelques pistes d’action aux leaders mondiaux.

Youphil.com: Quel est votre avis sur le document final du Sommet, considéré comme un accord à minima?

Richard Branson: Pour l’instant, rien d’extraordinaire ne sort de ce Sommet de Rio et c’est malheureux. Le Sommet de Copenhague était décevant, celui de Cancún était décevant et malheureusement, celui de Rio l’est aussi.

Ce sont beaucoup de paroles, comme ‘nous espérons’ et ‘nous prévoyons de’ mais aucune action spécifique. En coulisses, il y a de nombreuses initiatives fantastiques. Mais la chose vraiment importante que les gouvernements pourraient faire, ce serait au moins de se débarrasser des subventions aux énergies fossiles.

Je pense que chaque gouvernement peut faire ça. Cette industrie produit des tonnes de richesses, ça ne lui porterait pas énormément préjudice. Ce changement permettrait de remettre le monde entier sur les rails. 

 

Quelle est votre position concernant la protection des océans, un sujet fort de ce Sommet

Les leaders mondiaux auraient pu décider de protéger la haute mer. Vous savez, je n’étais pas un fan de George Bush, mais il y a une chose pour laquelle les gens se rappelleront de lui, pendant des centaines d’années: le fait qu’il ait créé cette magnifique et immense réserve maritime sur la côte Ouest des Etats-Unis.

Aujourd’hui, seulement une toute petite partie de nos océans est protégée, la grande majorité d’entre eux ne l’est pas du tout. Nous devons les surveiller, les protéger. L’objectif est que 20% des océans soient protégés en 2020. Ce sera une bonne chose pour l’humanité.

 

Quelles sont vos activités principales en ce moment dans le domaine du développement durable?

Nous avons pas mal de projets différents en cours, avec notamment la mise en place d’une organisation nommée "Carbon War Room", qui travaille avec l’ensemble du secteur industriel pour sauver 17 Giga tonnes de carbone avant 2020.

À Rio, j’ai participé à une réunion au sujet d’une île des Caraïbes, qui s’est engagée à devenir une île avec une énergie à 100% propre en 2020. S’ils peuvent le faire, n’importe quelle île dans le monde en est capable.

Nous devons créer la plus grande révolution qui ait jamais existé pour être sûrs par exemple que chaque île de la planète devienne propre, disons en 2025. Ou pour s’assurer que les pays, au lieu d’annoncer qu’ils deviendront des pays propres pour 2050, le soient en fait pour 2030.

Pour cela, il faut juste que les gouvernements relancent un petit peu le sujet. Il ne s’agit pas de quelque chose d’aussi radical que ce que nous avons essayé à Copenhague mais d’une action qui permettrait aussi aux pays de faire des économies, et ils en ont besoin. Essayons juste de les persuader de faire ça. 

Crédit Photo: Elodie Guignard.