Des associations fustigent le poids des multinationales au Sommet de Rio

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Un collectif d’associations a voulu dénoncer la marchandisation des ressources naturelles lors d'un “happening” à Paris.

Océans, terres agricoles ou air à respirer. Lors d'une vente aux enchères symbolique, un collectif d'associations a bradé les ressources naturelles de la Terre, place de la Bourse à Paris. A l’ouverture de la Conférence sur le développement durable le 20 juin à Rio, ce collectif dénonce l'accaparement des ressources naturelles par les multinationales. D'après un récent rapport de l'ONG les Amis de la Terre, ces dernières ont trop d'influence dans le processus de décision de l'ONU.

Le collectif a voulu attirer l’attention sur "la financiarisation de l’économie verte", explique Antoine Bonnet, acteur déguisé pour l’occasion en commissaire priseur. Une vingtaine de personnes agitant des pancartes "Arriva", "Veolio" ou "BNB Baribas", ont ainsi pu acquérir fictivement des parcelles de l’Amazonie pour un ou deux euros.

"Aujourd’hui à Rio, il y a 1500 représentants d’entreprises, mais seulement 500 représentants de gouvernements. Grâce à de multiples stratégies, les entreprises ont réussi à dicter l’agenda qui va être discuté à Rio", fustige Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes pour les Amis de la Terre.

>Regardez l'interview de Sylvain Angerand:


Outre la gouvernance mondiale, "l'économie verte" est la thématique centrale de ce sommet censé aboutir à une feuille de route pour la protection de l'environnement dans les vingt prochaines années.

Mais pour Sylvain Angerand, la logique de marché s'est imposée depuis la signature du Protocole de Kyoto en 1997 [pdf]. "Les marchés du carbone, crées il y a plus de dix ans, ne marchent pas. Les prix du carbone se sont effondrés, et pourtant à Rio, on essaie d’élargir la logique de marché à la biodiversité, à l’eau et aux forêts", explique-t-il, le coude posé sur un énorme ballon gonflable représentant la planète bleue.

Alors que les gouvernements s'apprêtent à adopter une déclaration commune le 22 juin en clôture du sommet, l’organisation altermondialiste Attac estime que les pays du Nord doivent assumer "le principe de responsabilité différenciée" mis en avant au Sommet de Rio en 1992. "Il faut qu’il y ait à nouveau des engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre et que les pays du Nord acceptent de faire davantage d’efforts qu’aujourd’hui. Surtout, il faut l’on cesse de mettre en avant le marché et que l’on mette en place des réglementations contraignantes", estime Aurélie Trouvé, la présidente d’Attac.

S'il reste encore du temps pour apporter des modifications, les négociateurs se sont d’ores et déjà entendus sur un projet de déclaration. Qualifié d'"échec épique" par Greenpeace, il ne fixe ni objectifs précis en matière de développement durable, ni de calendrier.

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