Ce que Hollande va défendre au sommet de Rio

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"Le président de la République ne se dérobera pas…", a affirmé la ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie, Nicole Bricq, au Forum de lancement de Rio+20 par le Club France. Le 8 juin 2012 à Paris, le gouvernement a tout fait pour montrer son engagement pour l’environnement. Avec Nicole Bricq, Pascal Canfin, le ministre délégué au Développement, et même le président de la République ont fait le déplacement, à la grande satisfaction des acteurs de la société civile.

Dans un discours plutôt volontariste d’une vingtaine de minutes, François Hollande a décrit les trois objectifs que la France va défendre au Sommet de la Terre de Rio, entre le 20 et le 22 juin: un accès plus équitable aux énergies renouvelables, la sécurité alimentaire (qui passe par l’agriculture durable et la lutte contre l’accaparement des terres) et enfin, le soutien à l’économie verte. Sur ce dernier point, le président a évoqué l’importance de l’économie sociale et solidaire qui "créé de l’activité et de l’équilibre sur les territoires".

En première ligne pour une organisation mondiale de l’environnement

Pour parvenir à ces objectifs, le président a d’abord réaffirmé le soutien de la France à la création d’une organisation des Nations Unies pour l’environnement. D’après lui, cette "instance de pilotage" devrait être basée à Nairobi, au Kenya, en signe de "reconnaissance pour l’Afrique, de la prise en compte de la diversité, dont ce continent est le plus beau symbole".

Ce dernier a également évoqué la question des financements innovants, notamment la mobilisation de l’épargne, et l’importance de la diversité des sources d’énergie. Enfin, geste plutôt étonnant de la part d’un homme qui semble ne jurer que par la croissance, François Hollande a admis la nécessité de favoriser d’autres indicateurs de richesse: "La croissance n’est plus le seul indicateur que nous devrons avoir à l’esprit. Nous avons besoin d’un indicateur de qualité environnementale, d’efficacité des politiques sociales, et d’inégalités". Une position revendiquée depuis des années par de nombreuses ONG environnementales.

Société civile et Etat sur la même longueur d'onde

"Merci!", "Bon courage Monsieur le président", ont lancé des participants au forum ici et là dans l’assemblée de la Grande Halle de la Villette. Entreprises, ONG et collectifs d’associations ont chaleureusement applaudi le discours de François Hollande. Un lien de confiance a semblé s’établir entre le chef de l’Etat et la société civile, que les deux ministres ont également courtisée en mettant en avant leur souci du dialogue.

Le chef de l’Etat a d’ailleurs annoncé la tenue prochaine d'une conférence environnementale en France qui sera un "lieu de décision d’un agenda dans le cadre duquel nous aurons à faire voter des lois, et veiller à leur application".

Ce jour-là, les enjeux de Rio+20 ont dépassé les clivages politiques français, même en pleine campagne électorale pour les législatives. Ainsi, lors de son intervention exaltée sur la nécessité d’une union sacrée (jusqu’à évoquer une "république mondiale"), l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a salué la prise de position de François Hollande pour Rio. Et ce dernier a rendu hommage au travail des précédents présidents de la République, sans oublier, cette fois-ci, de saluer le travail de Nicolas Sarkozy avec le Grenelle de l’environnement.

Pas d’illusions

Néanmoins, une certaine désillusion sur l’issue du Sommet de la Terre a plané sur le forum. D’ailleurs, François Hollande a avoué d’emblée que "les conditions de réussite de ce sommet ne sont pas réunies". Quant à Nicolas Hulot, présent également, il ne se rendra pas à Rio de Janeiro, pour montrer son "scepticisme": "En vingt ans, on est passé de l’indifférence à l’impuissance", a-t-il déploré, avec son habituel sens de la formule.

Les ONG, associations et collectivités semblent en phase avec le président français pour le Sommet de la Terre. Mais François Hollande le dit lui même,"l’échec peut provenir de la tentation commode d’ignorer les périls". Le risque, justement, est que ces belles paroles s'évanouissent dans la nature.

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Crédit photo: François Hollande, le 8 juin 2012 au forum de lancement de Rio+20 à Paris, Fanny Roux.

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