Mon cher détenu…
Des centaines de Français correspondent avec des prisonniers qu’ils n’ont jamais rencontrés. Un moyen pour ces derniers de maintenir un lien avec l'extérieur.
Alors que des délégués de l’ONU visitent la RDC, les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent les crimes de guerre commis par les soldats de l’armée congolaise.
Villages brûlés, pillages, femmes réduites à l’état d’esclaves sexuelles… Depuis le début de l'année, les soldats des forces congolaises multiplient les exactions dans les habitations dans la province du Nord Kivu. En toute impunité.
L’association de défense des droits de l’homme Human Rights Watch a pu recueillir des témoignages des victimes, comme celui de cette femme de 40 ans, violée dans sa maison du Sud Kivu : «Ils sont venus pendant la nuit quand je dormais. Nous avons entendu un coup sur la porte, puis ils l’ont enfoncée, ils ont sorti mon mari du lit et ils l’ont attaché. Quatre soldats se sont mis alors à me violer, l’un après l’autre, pendant que trois autres soldats pillaient toutes les provisions de la maison. J’étais enceinte de quatre mois, mais beaucoup de sang s’est mis à couler pendant qu’ils me violaient et j’ai perdu le bébé maintenant.»
Ce témoignage n’est pas isolé : l’association estime que les soldats auraient brûlé 24 villages du Nord Kivu, tué 19 civils et violé près de 150 femmes et jeunes filles depuis fin janvier 2009.
Ce regain de violence est du au déclenchement d’une opération militaire conjointe entre la RDC et les forces armées rwandaises contre les milices rwandaises. De leur côté, ces groupes auraient commis, en représailles, des attaques brutales, tuant au moins 200 civils. «Les civils sont pris au piège, pris pour cible par toutes les parties dans ce conflit», analyse Anneke Van Woudenberg, chercheuse pour la division Afrique à Human Rights Watch.
Pour l’association de défense des droits de l’homme, c’est clair : l’ONU doit profiter de son voyage aujourd’hui en République Démocratique du Congo (RDC) pour dénoncer «les exactions commises par l’armée congolaise».
«Nous allons demander à la Monuc (...) qu'elle renforce la lutte contre les violences à l'égard des populations civiles, la lutte contre l'impunité: il faut que les gens qui commettent des crimes soient punis», a annoncé de son côté l'ambassadeur français Jean-Maurice Rippert, qui conduit la délégation pour cette étape de sa tournée africaine.
Pour l'instant, les 3000 soldats de maintien de la paix supplémentaires qui devaient être déployés en novembre 2008 ne sont toujours pas arrivés dans l'est du Congo, en dépit des promesses du Conseil de sécurité de l'ONU.
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laguepie