Les femmes, en première ligne pour la corvée d'eau

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Dans les zones où l'accès à l'eau est restreint, les femmes sont souvent de corvée d'eau. Creuser des puits, améliorer l'assainissement et l'hygiène est aussi un combat pour l'avancée de la condition féminine.

Quand le robinet est à sec, c’est une journée très difficile qui s’annonce pour de nombreuses femmes sur la planète. Le manque d’eau paralyse toute une famille: la survie des enfants, leur toilette et leur repas, mais aussi la bonne tenue du ménage et l’entretien du bétail.

Lors d’une pénurie d’eau, les femmes, centre névralgique de la famille, doivent parcourir de longues distances pour quelques litres. Et parfois sur le chemin, des barrages militaires et la violence.

"L’or bleu" des Territoires Palestiniens

Dans le sud d’Hébron, en Cisjordanie, les communautés sont confrontées tous les jours au manque d’eau. Pour pallier à la pénurie, les femmes ont développé des mécanismes de substitution: elles font des réserves dans tous les contenants disponibles tels que les jerricanes ou les seaux en plastique, en limitent l’utilisation aux choses essentielles ou encore recyclent l’eau (celle du bain servant à laver le sol par exemple).

Le temps passé à chercher l’eau, nouvel "or bleu", c’est pour les femmes autant de temps perdu pour d’autres activités comme s’occuper de leur famille ou travailler pour un petit revenu. Les enfants, également mis à contribution, voient ainsi diminuer leur temps alloué à la gestion du bétail ou aux activités génératrices de revenus (préparation de yaourt par exemple). Dans les petites communautés où les écoles sont mixtes, il est impossible à certaines fillettes de s’y rendre faute de toilettes dédiées.

Impact sur la santé

Quelle lutte acharnée que toutes payent au prix fort! Un prix exorbitant même: la logique veut que plus on est pauvre, plus l’eau est chère. Dans les villages bédouins, cette logique cruelle se vérifie tous les jours: l’accès au réseau d’eau est inexistant; l’eau est livrée par camion-citerne et payée 2 à 8 fois plus cher qu’en centre-ville.

Mais ce prix se paye aussi en nature. Le manque d’eau et d’assainissement salubre a un impact dramatique sur la santé. Les femmes sont anxieuses pour leurs enfants qui développent des diarrhées. Les soins médicaux, coûteux et eloignés, grèvent fortement le budget de la famille.

Le temps des solutions

Dans le monde, selon l’OMS en 2010, 1,2 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de diarrhées évitables. Les maladies hydriques représentent la principale cause de mortalité infantile (22% des causes de décès des moins de 5 ans) et sont des facteurs aggravants de la sous-nutrition.

Garantir une eau de bonne qualité est une mesure efficace de protection de la santé. Le nombre de cas de maladies diarrhéiques diminue significativement, de près d’un tiers, suite aux programmes d’eau et assainissement mis en place auprès des ménages les plus vulnérables (OMS, 2004).

Des solutions existent également pour les femmes et les jeunes filles, comme en Cisjordanie, afin d’encourager leur présence à l’école. Une approche propre aux femmes et aux jeunes filles, avec la construction de toilettes séparées, salubres et privées, notamment dans les écoles, est nécessaire.

Objectifs du millénaire

Pour améliorer le quotidien des familles et des femmes, la quantité d’eau disponible par foyer est augmentée, et la qualité améliorée par des traitements de chloration et des distributions de filtres à eau.

Les Nations Unies ont fixé comme objectif du millénaire pour le développement de réduire de moitié, d'ici 2015, la proportion de population privée d'un accès durable à un approvisionnement en eau potable et à des services d'assainissement de base. Mais les femmes doivent être au cœur du dispositif d’eau et d’assainissement. Elles sont les garantes de la bonne santé de toute la famille, et de l’économie du foyer.

>A lire aussi : Les femmes, armes secrète contre la faim.

>Retrouvez notre page spéciale Questions d'eau.

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