Et vous, qu’auriez-vous proposé à Davos?

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Près de 40 chefs d’états, 200 membres de gouvernements et 1000 entreprises. Les plus puissants de ce monde se réunissent au Forum économique mondial de Davos du 25 au 29 janvier afin de proposer de nouveaux modèles économiques qui favoriseront "une croissance juste et durable". A l’ordre du jour, des discussions sur les moyens de relancer la croissance et l’emploi, et d’intégrer davantage les pays émergents dans la gouvernance mondiale. Le forum posera aussi les questions de la protection des ressources naturelles et de l’innovation technologique.

Aucune décision ne devrait être prise lors de ce forum, et pour cause, il vise surtout à mettre sur la table des idées pour résoudre la crise financière et renforcer l'efficacité de la gouvernance mondiale. Un rassemblement contesté par les altermondialistes qui ont mis en place, dès 2001, un forum social mondial au même moment que celui de Davos. Cette année ce contre-forum se déroule à Porto Alegre comme en 2001.

Youphil a voulu donner la parole à trois acteurs ou chercheur du secteur de la solidarité sur les mesures qu’ils prôneraient s’ils faisaient partie des décideurs.

> Démocratiser la gouvernance mondiale

Jean-Louis Laville, sociologue et économiste défenseur de l’économie sociale et solidaire:

"Si je participais à Davos, je me situerais en tant que citoyen en disant que nous avons besoin de comprendre la crise. Le gros problème, c’est l’opacité de la dette publique et des analyses que l’on en fait. On nous dit que nous sommes obligés d’être à la merci des marchés. L’urgence aujourd’hui pour retrouver une confiance est d’entamer un audit citoyen de la dette publique, pour rendre les choses intelligibles et pour avoir une analyse contradictoire sur la dette. Pour l’instant, on n'observe qu’un brouillard généralisé et des discours alarmistes sur ce sujet."

> La finance au service de l’emploi

Sophie des Mazery est directrice de Finansol, une association qui encourage la finance solidaire.

"S’il y avait une mesure à prendre en France, mais aussi au niveau Européen, ce serait d’investir 1% de l’épargne financière dans l’épargne solidaire. Cela permettrait de financer des entreprises à forte utilité sociale, dans le domaine de l’environnement, de la solidarité internationale ou encore du logement social. En France, l’encours de l’épargne solidaire ne représente que 3,1 milliards d’euros contre 3500 milliards pour l’épargne traditionnelle. Ces 1% d’investissement en plus permettrait de multiplier par dix l’encours actuel de l’épargne solidaire et donc de créer des centaines de milliers d’emplois."

> Taxer les marchés pour l'aide au développement 

Daniel Verger, directeur exécutif de Coordination sud qui rassemble des ONG françaises de solidarité internationale. 

"Puisque Davos rassemble les décideurs économiques, je demanderais une politique de régulation des grands acteurs privés, comme le souhaitent les organisations de solidarité internationale. Le but serait de mettre à contribution ceux qui profitent le plus de notre système capitaliste, à travers deux mesures. D’abord, il faudrait poursuivre la lutte contre l’évasion fiscale en instituant une publication des comptes des groupes pays par pays. La deuxième mesure, soutenue par la France, serait l’établissement d’une taxe sur les transactions financières, d’un montant extrêmement faible, mais qui permettrait de lever des fonds innovants pour l’aide au développement et la lutte contre le réchauffement climatique".

Crédit: World economic forum.

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