Sommet social de l'Elysée: un dialogue de sourds?

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Le sommet social de l'Elysée du 18 janvier prend une tournure de réunion de crise, quelques jours après la dégradation de la note de la dette française par l’agence Standard and Poor’s. Le président Nicolas Sarkozy recevra le patronat et les syndicats pour décider rapidement des mesures à prendre afin de relancer l’emploi et la compétitivité de l’économie française. A l’ordre du jour: la TVA sociale qui vise à abaisser les coûts du travail et le "Pacte de compétitivité" qui en augmenterait la flexibilité.

Des mesures controversées

La TVA sociale est l’un des points les plus sensibles. Son application consisterait à augmenter la TVA pour les importations (le taux reste à déterminer), et à alléger les charges sociales des entreprises en contrepartie, le but étant de faire baisser le coût du travail pour stimuler la compétitivité.

Le gouvernement semble déterminé à mettre en place coûte que coûte cette mesure qui est pourtant très décriée par les syndicats. "La TVA sociale, nous allons la faire et nous allons la faire avant l'élection présidentielle", avait expliqué Valérie Pécresse, ministre du Budget et porte-parole du gouvernement, le 3 janvier dernier. 

Les discussions s’annoncent houleuses aussi sur le "Pacte de compétitivité" qui vise à donner de la flexibilité aux entreprises en les autorisant à négocier la durée de travail ou à revoir les salaires à la baisse, contre un engagement des entreprises à ne pas licencier. Un remise en cause ouverte des 35h que les syndicats refusent d'accepter.

Un sommet antisocial?

Ce sommet social rebaptisé "sommet de la crise" par Nicolas Sarkozy lors de son allocution du 15 janvier à Ambroise (Indre-et-Loire) présage déjà des discussions difficiles avec les syndicats hostiles à des mesures jugées trop libérales, comme le principe du Pacte de compétitivité, qui, pour la CGT, "consiste à faire payer la crise aux seuls salariés".

La volonté du président d’accélérer la mise en place des mesures anti-crise, et donc de prendre des décisions dans l’urgencen n’est pas du goût des partenaires sociaux qui y voient un refus du dialogue social. "Cette crise permettra de prendre des décisions, rapidement, parce que la situation l'impose, décisions que nous n'aurions pas pu prendre si nous n'étions pas face à ces responsabilités", a ainsi expliqué le chef de l’Etat à Ambroise.

De nombreux médias évoquent d’ailleurs sans détour "le risque d’un sommet ‘antisocial’", à l’image de l’hebdomadaire le Point qui décrit l’exaspération des responsables syndicaux. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a critiqué de manière virulente le comportement du gouvernement: "Plus les heures passent, plus ce sommet s’annonce comme antisocial".

Vers un compromis

Néanmoins, on peut s'attendre à ce que les différents acteurs aboutissent à un compromis sur l’une des mesures mises sur la table: la simplification du chômage partiel afin de lutter contre le taux de chômage qui ne cesse de grimper. En outre, le gouvernement propose un système plus performant de formations des chômeurs du Pôle Emploi.

Quoiqu’il advienne, le président de la République a déclaré qu’il annoncerait des mesures fortes à la fin du mois de janvier: "Je dirai [aux Français] les décisions importantes qu'il nous faut prendre sans perdre de temps." 

Crédit photo: World Economic Forum.

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