Silver surfers et digital mums: les nouveaux e-donateurs

Une étude sur la donation en ligne révèle qu'en 2011, la générosité des Français a plutôt résisté à la crise.

La crise. Elle aura été au centre de toutes les attentions en 2011. Mais a-t-elle changé les habitudes des Français en matière de dons en ligne? Il semblerait que non, rapporte la deuxième étude (à télécharger ici en PDF), réalisée par l’Ifop et l’agence Limite, au sujet des donations sur internet.

En 2010, la première étude avait révélé que 23% des Français déclaraient donner en ligne à des associations caritatives. Un an plus tard, ils ne sont plus que 21%. Une phase de stagnation logique, au regard du contexte économique et social actuel. Mais alors qui sont ces e-donateurs qui résistent à la crise?

Les seniors, toujours en tête des e-donateurs

On les appelle les "silver surfers": les plus de 65 ans, toujours plus nombreux, dominent une nouvelle fois les statistiques, puisqu'ils représentent près de 31% des donateurs en ligne. Avec les inactifs, les personnes vivant en région parisienne et les hauts revenus, ils sont les plus "e-généreux". Ceux qui font le moins de dons en ligne étant les personnes aux plus bas revenus et celles vivant en milieu rural.

L'étude dévoile un nouveau visage, encore méconnu: les "digital mums". Ces jeunes mères de famille, qui ont entre 25 et 50 ans, sont actives et adeptes du shopping en ligne, représentent une cible de choix pour les associations. Elles seraient près de 19% à donner en ligne, essentiellement en réaction à des situations d'urgence qui font l'actualité (le séisme au Japon ou encore la famine dans la Corne de l'Afrique ont marqué l'année 2011).

Les jeunes de moins de 35 ans restent, eux, légèrement en marge: 15% d'entre eux déclarent faire des dons en ligne. Parmi les plus touchés par la crise, ils restent cependant présents sur les réseaux sociaux, jouant le rôle de diffuseurs d'informations.

Réseaux sociaux et téléphonie mobile: l'avenir du don

C'est l'une des principales données de l'étude: le rôle, de plus en plus important, joué par les réseaux sociaux dans la collecte de dons. La recommandation des ONG et associations via ces réseaux progresse nettement (plus 8 points pour atteindre 25%), principalement grâce aux moins de 50 ans. De quoi faire réfléchir les organismes sur leur présence - voire absence - sur ces plateformes. Aujourd'hui, la mise en place d'une stratégie de collecte "online" semble nécessaire, quand on sait que 8% des dons des associations présentes sur le web sont réalisés en ligne.

Par ailleurs, l'enquête révèle qu'un donateur sur cinq pourrait donner via son téléphone portable. Une piste de réflexion à creuser... Attention cependant à ne pas tomber dans la sur-sollicitation, déjà ressentie par certains e-donateurs.

Crédit photo: Don Hankins/Flickr