
La fondation Bill et Melinda Gates est incontestablement la plus puissante du monde. Mais quel fonctionnement se cache derrière cette machine aux 67 milliards de dollars de capital qui finance des actions humanitaires et scientifiques tout autour du globe? Pour répondre à cette question, le magazine de la rédaction de France 2, Envoyé Spécial, a diffusé le 5 janvier le reportage "Le monde selon Gates" de Jérémie Drieu et Jean-François Monier. L’émission propose un "voyage au cœur de la fondation la plus puissante de l’histoire", de son siège à Seattle aux hôpitaux ou centres de recherches qu'elle soutient en Afrique.
Une fondation plus qu'ambitieuse
Conçue en 2000 pour soutenir les écoles et bibliothèques américaines, la fondation Gates de l’ancien président du groupe Microsoft a aujourd’hui des objectifs très ambitieux. Son budget annuel de 2,5 milliards d’euros, supérieur à celui de l’Organisation mondiale de la santé ou de l’Unicef, lui permet de soutenir des organisations dans le monde entier dans le domaine de la santé, de l’agriculture ou encore de l’eau. But ultime du couple: trouver un vaccin contre le VIH. L’homme qui a cédé 95% de sa fortune à sa fondation en 2000 a longtemps été soupçonné de vouloir redorer son image de requin des affaires après les nombreux procès intentés contre lui par les Etats-Unis au sujet de la situation de quasi-monopole de Microsoft. Mais après 10 ans de travail dans l'humanitaire, la sincérité de l’engagement du couple n’est plus vraiment mise en cause, au regard, par exemple, des millions d’enfants vaccinés chaque année grâce à eux.
Quelques entorses aux principes
Cependant, le fonctionnement peu démocratique de la fondation et son financement, parfois contraire aux principes prônés par les Gates, leur vaut des critiques sévères. Le reportage revient notamment sur l’enquête effectuée en 2007 par Charles Piller, journaliste de Los Angeles Times, sur les financements de la fondation.
Il y précisait que la fondation ne dépensait, pour l’instant, que les intérêts et les dividendes de leur fortune et que les 67 milliards de capital qu’elle possède étaient placés dans des centaines de fonds d’investissement pour les faire fructifier. Le problème apparaît lorsque l’on s’aperçoit que des sociétés d’armement ou encore des grands groupes pétroliers figurent dans la liste de ces fonds. "Nous essayons d’éviter l’industrie du tabac", explique Melinda Gates pour se justifier. "A part cela, le travail du fonds d’investissement est de maximiser les revenus de la fondation".
L’exigence d’efficacité et de résultat de la fondation face aux organisations qu’elle finance peut surprendre également. La fondation Gates donne, selon un chercheur allemand, des objectifs très ambitieux concernant la lutte contre le paludisme, qui reçoit 15 millions d’euros des Gates. Il évoque des objectifs chiffrés, un planning et des délais stricts. Du reste, quand on fait référence au pouvoir extrêmement important de sa fondation auprès des instances internationales et à sa gouvernance peu démocratique, Bill Gates semble plus préoccupé par le résultat que par les méthodes. "Ce qui n’est pas démocratique, répond-il dans l'entretien réalisé pour France 2, c’est qu'un million d’enfants meurent chaque année du paludisme".
> "Le monde selon Gates", un reportage à revoir sur le site de France 2.











