Mon cher détenu…
Des centaines de Français correspondent avec des prisonniers qu’ils n’ont jamais rencontrés. Un moyen pour ces derniers de maintenir un lien avec l'extérieur.
L'initiative de l'ONG Solidarités séduit les ménages kenyans des bidonvilles de Nairobi.
Agriculture en sacs dans les bidonvilles de Nairobi
envoyé par Youphil
[vidéo : 3:15. Sam et George, mobilisateurs de quartier, les femmes et les jeunes de Kibera soutenus par l'ONG française Solidarités dans le cadre d'un projet d'"agriculture en sacs". Kibera, Nairobi, avril 2009]
Des légumes poussent désormais sur les trottoirs de Kibera, Kibera, les mères affichent le sourire, des jeunes ex-membres de gangs respirent maintenant l'odeur champêtre des choux ... Il y a des phénomènes qui ne sauraient passer inaperçus.... De quoi s'agit-il exactement ? Face à la crise alimentaire qui frappe particulièrement les urbains les plus précaires, dans une ville où l'offre commerciale est calquée sur les habitudes occidentales, nourrir les exclus des hypermarchés reste un casse-tête. Spécialement dans le plus grand bidonville d'Afrique : Kibera de Nairobi. La solution miracle n'existe pas, sauf à verser dans la démagogie ; mais il faut plus que jamais savoir inventer le quotidien, élargir les possibles...
Devant les baraques fragiles : des sacs recyclés remplis de terre fertile. Les mobilisateurs des quartiers, soutenus par Solidarités, aident des femmes et des jeunes à créer de petits champs partout où c'est possible. A chaque fois, un groupe d'individus est formé pour entretenir la nouvelle plantation. Près de 5000 bénéficiaires depuis à peine une année !
L'une des innovations de ce projet, initié juste après les violences de 2007, est que l'objectif de sécurité alimentaire porte ici des visées éducatives. Il y a surtout cette extraordinaire façon de bousculer les contraintes de l'espace urbain.
Nous sommes dans un contexte de famine qui menace de façon chronique les populations. Celle qui frappe les pauvres des villes reste d'un type particulier, puisqu'elle résulte, de surcroît, des difficultés d'accès aux nourritures disponibles sur le marché. Ici, contrairement à l'Afrique sahélienne, si les conflits et les variations climatiques influent largement sur la productivité, la famine demeure fondamentalement une question de pouvoir d'achat, et non de baisse de productivité. Un repas de base coûte en moyenne 2 euros dans les quartiers populaires, lorsque la large majorité n'en gagne pas un seul par jour...
Le sujet est d'actualité. Diverses initiatives globales sont en débat en ce moment, pour faire face à la crise alimentaire. Néanmoins, en regardant de près, la plupart des modes de soutien misent uniquement sur l'agriculture industrielle et commerciale. Peu de décideurs semblent avoir compris les ressorts de la famine dans le monde en développement. L'initiative de Solidarités dans les bidonvilles de Nairobi n'est qu'une goutte dans l'océan. Mais l'essentiel réside, à mon avis, dans la dynamique dont elle contient le sens : l'autonomie alimentaire des plus fragiles de nos contemporains.
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laguepie