"Osons la richesse!"

Email this pageEnvoyer à un ami0CommentairesImprimer

A l’occasion du cinquième World Forum de Lille, le président de l'événement, Philippe Vasseur, revient sur les enjeux de la crise et sur ce qu’elle doit changer à la prise de décision économique.

Pour que des "sommets" apportent une solution à la crise, il faudrait d'abord s'entendre sur sa véritable nature. Il n'est même pas sûr qu'auprès de l'opinion mondiale, un G20 fasse encore illusion. Pas plus que le dernier sommet européen n'a résisté à l'incompréhension et à la colère du peuple grec.

La crise? Mais quelle crise?

Première remarque: le malaise grandit avec le sentiment que les décisions
 d'urgence, annoncées en ces circonstances solennelles, sont davantage 
destinées à circonscrire les effets de la crise qu'à en changer les causes. Comme si n'étaient retenus des bouleversements d'aujourd'hui que les séismes économiques et financiers. La crise que nous vivons va, hélas, bien au-delà: il s'agit d'une crise de fond, d'une crise de sens, d'une crise de valeurs, d'une crise politique, environnementale, sociale, morale, bref, d'une crise de notre civilisation occidentale dont le socle va de fissures en fractures.


Donner la parole aux entrepreneurs

Deuxième remarque: quels sont les acteurs économiques qui se font le plus 
entendre, en marge des sommets politiques comme au sein de symposiums 
réputés, organisés à Davos ou ailleurs? Ils se répartissent en deux catégories principales: les "experts" (pourtant nombreux à n'avoir pas vu venir les tornades financières) et les dirigeants des grandes entreprises internationales. Ce n'est assurément pas illégitime, c'est évidemment très insuffisant.

Certes, les quelques dizaines de milliers de firmes multinationales contrôlent une part non négligeable de la production mondiale de biens et de services. Mais elles n'emploient que 2 à 3% de la population active de la planète. Dans le monde entier, et pas seulement dans les pays admis au G20, ce sont des millions et des millions d'entrepreneurs qui créent des emplois, en prenant des risques, en innovant, en produisant de la valeur. Pourquoi ne sont-ils pas davantage écoutés?



Changer de modèle de croissance

Troisième remarque: entre les deux "sommets" (celui de l'Union Européenne 
et celui du G20) la population de la Terre a officiellement franchi le cap des sept milliards de personnes. Cette opportune coïncidence ramène la situation de crise à sa double réalité. D'une part, il y a dans le monde de plus en plus d'habitants, donc de besoins à satisfaire, ce qui implique une croissance économique soutenue. D'autre part, il n'est pas possible de poursuivre cette croissance sur le modèle appliqué jusqu'à présent par les pays les plus développés, américains et européens. Les ressources de la planète n'y suffiraient pas. La nécessaire croissance devra donc être à la fois plus sobre et mieux répartie. Sauf à accentuer les déséquilibres planétaires et à aggraver les dangers qu'ils engendrent...


Oser la richesse

Ces trois remarques établissent un constat, rappellent des principes élémentaires et induisent un impératif: il faut absolument créer de la richesse. Mais à l'évidence pas n'importe comment et surtout pas pour ne satisfaire que la cupidité "court-termiste" de minorités.



Oui, il faut oser la richesse. Oser en revenant à la seule justification acceptable de l'activité économique qui consiste à améliorer la condition humaine et pas simplement à faire de l'argent avec de l'argent. Oser en reconnaissant enfin à tous les acteurs économiques, y compris les plus modestes et les plus humbles, la primauté dans la création de valeur. Oser en inventant de nouvelles solutions pour valoriser raisonnablement les ressources, pour faire face aux contraintes écologiques, pour répondre équitablement aux attentes de tous les peuples du monde.



Oser la richesse: c'est l'audace que veulent partager de plus en plus d'entreprises, et notamment celles qui viendront des cinq continents au cinquième World Forum de Lille les 15, 16 et 17 novembre pour prôner une 
autre sortie de crise.

Photo de Claudio.Ar sous licence Creative Commons.

Email this pageEnvoyer à un ami0CommentairesImprimer