Jean-Claude Feys, retraité solidaire en Afrique

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Modèle du retraité actif, Jean-Claude a mis son temps libre et ses compétences au service de projets de développement solidaires.

Jean-Claude Feys, blogueur invité de Youphil.com et Belge d’origine, a sillonné l’Afrique pendant dix ans en tant que consultant, mais c’est à l’âge de la retraite qu’il l’a vraiment découverte.

Diplômé en sciences psychologiques, Jean-Claude s’installe d’abord en Afrique au hasard de sa vie professionnelle. Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Sénégal, Guinée... En tant que conseiller en gestion d'entreprise, il est spécialisé dans les questions de formation et "d'adaptation au changement". Il travaille pour un bureau d'études sur des projets financés par les institutions internationales comme la Banque Africaine de Développement, le Fonds Européen de Développement ou la coopération belge.

Jean-Claude le reconnaît aujourd’hui: peut-être à cette époque n’a t-il pas suffisamment ouvert les yeux sur les problèmes ou les besoins sociaux qui l’entouraient. "On faisait de grands projets, on mettait en place des bureaux, en se focalisant sur l’expertise des ingénieurs. On ne se posait pas la question du développement durable ou du point de vue du paysan."

Une expérience sort cependant du lot. En 1991, il effectue une mission en Guinée afin d’examiner le problème du chômage et plus particulièrement celui des "déflatés" de la fonction publique. Sous l’injonction des programmes du FMI et de la Banque Mondiale visant le rééchelonnement de la dette, la Guinée, comme d’autres Etats africains, s’est livrée à une coupe sèche dans ses effectifs de fonctionnaires. Jean-Claude réalise alors que ses compétences en formation "peuvent aider des gens à trouver des solutions par eux-mêmes" et s'inscrire dans le cadre du développement durable.

Epanoui au Mali

Mais cette intuition ne prendra sa forme de vocation qu’à l’âge de 62 ans, quand Jean-Claude s’installe en France, plus libre que jamais, mais incapable de se contenter d’une partie de golf pour toute activité: "En ce qui me concerne, après avoir goûté sans modération cette situation de retraité oisif, une gueule de bois d’auto-consommation de loisirs m’a réveillé brutalement."

Par hasard, il découvre bientôt les organisations de retraités bénévoles et AGIR en particulier. AGIR promeut les actions et la mise en réseau de compétences pour la coopération et le développement aux quatre coins du monde. Et Jean-Claude de revenir vers l’Afrique: "Je voulais continuer à développer mes connaissances sur le terrain que je connaissais, aider les consultants africains à développer leur savoir-faire et leur indépendance."

Depuis 2005, il repart régulièrement en Afrique de l’Ouest, mais surtout au Mali, pays qu’il considère désormais comme son "point de chute", et réalise par le biais d’AGIR des missions axées sur la formation, la gestion, et le développement solidaire.

"Mais je ne suis pas devenu bigot de la solidarité!", nous rassure Jean-Claude, qui ne prétend qu’à faire "simplement" ce qu’il considère comme "naturel".

"Je fais des choses intéressantes, je continue à évoluer, à me faire des amis et à changer d’environnement." Jean-Claude reconnaît qu’il se sent très attaché à ses missions africaines, avec un seul regret qui laisse pointer une certaine humilité: "Ce que je fais pour mes interlocuteurs maliens, un autre pourrait le faire à ma place, mais ce que le Mali m’apporte, c’est irremplaçable."

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