Marisol Touraine, nouvelle ministre des Affaires sociales
Cette spécialiste des questions sociales a été nommée ministre, sans surprise, par Jean-Marc Ayrault. Portrait.
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C'est après une nuit de pluie et sous un ciel menaçant que les membres du mouvement Occupy Wall Street (Occuper Wall Street) ont entamé jeudi 29 septembre leur treizième journée passée au Zucotti Park, à quelques pas du One World Trade Center.
Le système est bien rodé. En guise de mégaphones, qui sont interdits, un système de téléphone arabe à voix haute. Des manifestations (écouter les différents slogans dans la vidéo ci-dessous) et des assemblées générales deux fois par jour, le tout scrupuleusement filmé par une équipe média très équipée. Des comités de toutes sortes, une infirmerie, une cantine, une bibliothèque - des infrastructures de fortune construites grâce à des dons. Des comptes ont été ouverts dans les magasins du coin où les gens du quartier peuvent passer commande pour nourir ce groupe éclectique - surtout des jeunes, quelques sexagénaires, des sans-abri et des salariés.
Les "indignés" (des pancartes en espagnol marquent leur fraternité avec les occupants de la Puerta del Sol de Madrid) sont groupés à quelques pas de Wall Street depuis le 17 septembre. Les revendications sont multiples mais expriment toutes une désillusion dans le système politique, et le sentiment d'être des laissés pour compte. Plus que tout, ce sont les questions d'inégalités sociales et de chômage qui sont mises en avant. Wall Street devient alors plus qu'un symbole: l'incarnation même d'une minorité qui rafle la mise aux dépens des autres.
La mobilisation ne faiblit pas - "nous sommes maintenant dans 64 villes des Etats-Unis" me dit-on avec fierté et incrédulité - malgré des heurts avec la police, des arrestations, et une attention tardive de la part des médias américains. Des stars - Susan Saradon, Michael Moore - sont même venues en soutien. (Voir les vidéos sur le site d'Occupy Wall Street)
Vers midi, la place se remplit d'un public divers. Des personnes en costume avec un badge autour du cou - du groupe Deloitte et autres - sont au téléphone ou entament une discussion avec les insurgés qui tiennent une table d'information à chaque entrée du campement. Des touristes au regard amusé bombardent de photographies ce spectacle inhabituel pour un quartier de tours en verre et costards-cravates.
Des hommes avec des casques de chantier et des vestes de signalisation fluorescentes croquent dans leur sandwich. L'un d'entre eux dit: "pas de problème, vous avez le droit d'être ici." Quand il se rend compte qu'il a en fait affaire à la presse, son discours change comme s'il se laissait enfin aller à exprimer le fond de sa pensée: "ça m'a tout l'air de hippies branchés qui ont envie d'un endroit où squatter et fumer!" Il ajoute qu'il comprend malgré tout leurs raisons de s'indigner. Un de ses camarades murmure que, lui, en a entendu cinq versions différentes et qu'il ne sait donc pas très bien ce qu'il en est. Il enchérit: "quelques jours ça va, mais j'aimerais bien pouvoir déjeuner en silence et en paix."
Les tambours reprennent, alors que jeunes et moins jeunes s'attèlent pour protéger de la pluie leurs matelas et leurs biens, leurs livres et leurs assiettes, plus motivés que jamais par le flot de nouveaux arrivants.
Un homme venu du Vermont prévient que des protestations-éclairs commenceront là-bas aussi ce week-end. D'autres se préparent à aller prendre leur douche. Des voisins ont ouvert leur porte et leur salle de bains, prêts à troquer un peu de leur tranquilité, en signe de soutien.
La manifestation du matin aux multiples slogans: " We got sold out, banks got bailed out" (Nous avons été vendus, les banques ont été renflouées), "All day, all week, occupy Wall Street" (Toute la semaine, toute la journée, occupons Wall Street), "We are 99%" (Nous sommes les 99% - en opposition aux autres 1% que sont les banquiers)