
En 2050, nous ne pourrons plus nourrir la planète. C’est en substance ce que constate le nouveau rapport d’Oxfam intitulé "Cultiver un avenir meilleur" (PDF). Il est la première pierre de la nouvelle campagne internationale de l'ONG, "Cultivons" lancée le 1er juin et dont le budget s'élève à près de 15 millions d'euros. Cette somme "couvre à la fois les projets et les dépenses des ressources humaines de la campagne dans 45 pays", explique-t-on chez Oxfam France.
Visionnez la vidéo de la campagne:
"Cette campagne pluriannuelle qui devrait s’étaler sur quatre ans va être lancée par tous les réseaux d’Oxfam. Elle vise à construire un discours plus global sur les problèmes alimentaires et agricoles mondiaux", explique Jean-Cyril Dagorn, responsable du plaidoyer chez Oxfam France.
Un système alimentaire "défaillant"
Car les chiffres sont alarmants: les prix des aliments de base, comme le maïs, pourraient doubler dans les 20 prochaines années, la demande mondiale s'accroître de 70% d'ici 2050, tandis que les personnes les plus pauvres peuvent d'ores et déjà consacrer jusqu’à 80% de leurs revenus à leur alimentation, note le rapport. "Aujourd’hui, notre monde produit suffisamment de nourriture pour tous, constate Jean-Cyril Dagorn. Pourtant, plus de 900 millions de personnes - un humain sur sept dans le monde - ont faim".
Le rapport de 75 pages publié le 31 mai dénonce ainsi "le système alimentaire actuel défaillant" qui "ne fonctionne que pour une minorité".
"En 2050, nous serons plus de 9 milliards d’habitants, avec le changement climatique et l’épuisement des ressources naturelles dans certaines régions, il va falloir changer notre manière de cultiver", alerte Jean-Cyril Dagorn. Selon le rapport, "les États doivent être résolus à leur [ceux qui pourraient empêcher ces changements, ndlr] résister et à réguler, corriger, protéger et investir. Les citoyens doivent exiger cette détermination de leur part".
Alerter le public et les décideurs
Cette campagne est lancée quelques jours avant la tenue du G20 agricole – les 22 et 23 juin à Paris- dont les négociations devraient être centrées sur les prix alimentaires et agricoles. "C’est le moment opportun pour alerter à la fois le public et les décideurs mondiaux", assure Jean-Cyril Dagorn.
A la rentrée 2011, l’ONG devrait publier une étude sur le rôle des négociants internationaux dans l'augmentation des prix alimentaires. Et en 2012, alors que se tiendra le sommet de la Terre "Rio + 20" sera lancée, en France, une grande campagne de mobilisation publique sur les questions alimentaires mondiales. "Mais on ne peut pas en dire plus, déclare Jean-Cyril Dagorn, parce qu’elle est en cours d’élaboration".
Selon le blog "From poverty to power", tenu par un responsable de l'ONG en Grande-Bretagne, cette campagne devrait être plus importante que "Make poverty history" ("Abolissons la pauvreté" en français) lancée en 2005.











