Paul Watson, le pirate en cavale

Retour sur l'engagement de ce défenseur acharné des océans, fondateur de l'ONG Sea Shepherd Conservation Society.

[Mise à jour du 9 août 2012: relayant un mandat d'arrêt du Costa Rica, Interpol demande l'arrestation de Paul Watson, qui se serait enfui d'Allemagne après avoir loupé ses contrôles judiciaires.]

Cet article a été initialement publié en mai 2011.

Paul Watson va peut-être devoir payer pour son activisme sans relâche contre les braconniers des océans. Le fondateur de l’ONG Sea Shepherd a été arrêté le 13 mai à Francfort en Allemagne. Il risque l'extradition vers le Costa Rica pour une affaire de chasse d’un navire de pêche aux requins en 2002.

L'équipage du Varadero accuse le Sea Shepherd d'avoir tenté de les tuer, ce que réfute l'ONG, habituée des opérations coup de poing. Dans un communiqué, l’organisation de protection des océans affirme que "les vidéos prouvent le contraire".

Youphil.com avait rencontré Paul Watson l'année dernière. Cet ancien membre fondateur de Greenpeace au look de motard est à l'origine de la suspension de la campagne japonaise de chasse aux baleines. En février 2012, la flotte niponne est retournée à bon port avec ses cales presques vides. Les vaisseaux de Watson ont ralenti la pêche en livrant des batailles, à coup de boules puantes et de fumigènes, contre les navires-harpon nippons.

Ce pirate en colère ne perd pas son temps avec de belles paroles. Depuis la Seconde Guerre mondiale, l'ONG Sea Shepherd Conservation Society a abordé, éperonné, affronté en haute mer et coulé plus de bateaux que la marine canadienne! En plus de trente ans de combats, aucun blessé n'a été recensé, assure-t-il. Selon cet activiste aux allures de Père Noël, "on n'arrête pas ceux qui exterminent les espèces en voie de disparition avec des drapeaux et de longs discours".

Il prône pour cela l'instauration d'une police des mers pour surveiller les océans:


Paul Watson se donne corps et âme à la défense des océans. Ce justicier des mers avait rapidement quitté Greenpeace, peu après sa création. Il estimait que l'ONG n'était "pas assez présente sur le terrain". Avec Sea Shepherd Conservation Society, il veut faire respecter les lois en vigueur dans les eaux internationales qui sont devenues son terrain de jeu. Les discours gouvernementaux ne l'atteignent pas, pas plus que la puissance des thoniers illégaux.

Au fond, ces combats reflètent une grande inquiétude: "quelle planète laisserons-nous à nos enfants?", se demande-t-il. Pour ce marin écolo doté d'une grande douceur, "il faut écouter les enfants. Ils ont souvent une meilleure compréhension et sensibilité du monde qui les entoure. Il faut tendre ses oreilles et en prendre de la graine".

En attendant, l'équipage de l'ONG poursuit ses actions pour sauver les requins, préserver l'environnement des îles Féroé ou encore sensibiliser contre la pêche du thon rouge.