Sans-papiers: la lutte sur les ondes
Youphil vous emmène, le temps d'un diaporama sonore, dans les coulisses de l'émission la Voix des sans-papiers, diffusée sur Fréquence Paris Plurielle.
Crise, doute de l'engagement de l'Etat, les organisations de lutte contre le sida cherchent à diversifier leurs financements.
Les associations auraient-elles peur de la crise? Certes, le dernier Sidaction est est un "succès", dixit la vice-présidente Line Renaud, mais les organisations de lutte contre le sida craignent une diminution des financements. «Nous sommes sur nos gardes. Avec la crise, des entreprises peuvent se désengager», explique Floriane Cutler directrice des fonds privés à Aides.
Cette association diversifie donc, comme beaucoup, ses sources de financement. Le but est de ne pas dépendre d'une seule source de revenu afin d'être plus protégé de la crise. Le 28 novembre, Aides a organisé un dîner de gala qui aurait permis de dégager 500.000 euros. Les bénéfices sont bien sûr reversés à l'organisation. Aides se lance aussi dans les produits dérivés. Avec, par exemple, la sortie d'un album pour ses 25 ans reprenant les tubes de l'année 1984. Un ouvrage de photos, intitulé : Le sida : portraits de militants (Ed. Cherche Midi) est aussi en cours de préparation.
Le Sidaction encourage ses organisations partenaires à avoir des sources de revenus différents. Depuis deux ans, l'association propose une assistance à des organisations partenaires. «Nous les aidons à monter des projets pour trouver des financements auprès d'institutions publiques et aussi de fondations», détaille Marc Dixneuf directeur des programmes associatifs.
Les organisations d'intérêt public ont peur d'un désengagement de l'Etat. La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, assure que 37,5 millions d'euros de son budget sont dédiés à la lutte contre le sida soit quasiment autant que l'an passé (37,3 millions d'euros ont finalement été déployés). Mais l'Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS) a déjà connu quelques coupes dans ses subventions.
Largement financée par le ministère de la Recherche, elle table pour un budget 2009 proche de 45 millions d'euros au lieux de 52 millions comme l'année précédente. "Il a été demandé au ministère de la Recherche de mettre en réserve une partie des budgets donnée aux organisations. Cette réserve ne s'est pas libérée", affirme Céline Lallemand, secrétaire général de l'ANRS.
Le ministère des Affaires étrangères a déjà diminué ses subventions en deux ans. Il devrait être en-deçà du million d'euros cette année. La solution pour cette organisation publique n'est pas de lancer de nouvelles campagnes marketing. Elle mise sur des ressources extérieures comme les fondations. La Fondation Total finance déjà des projets à hauteur de 600.000 euros par an mais d'autres grandes fondations internationales sont prospectées.
Les grands donateurs privés sont donc mis à contribution. A Act Up, l'un d'entre eux est Pierre Bergé, président du Sidaction, partenaire historique. Il finance l'organisation à hauteur de 100 000 euros. Mais "cette année nous espérons plus de financements de la part de fondations et donateurs privés. Des contacts sont pris", assure Mikaël Quilliou, le secrétaire général d'Act Up.
Pour l'instant les fondations et mécènes représentent moins de 14% du budget total. Un quart du budget d'Act Up provient du Sidaction, un autre quart des pouvoirs publics, mais aussi, plus surprenant, des laboratoires pharmaceutiques (un peu plus de 10% du budget). Mikaël Quilliou rappelle que l'organisation ne "dépendra jamais au-delà de 30%" des subventions de l'Etat. Sauvegarde de leur indépendance oblige.
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