"En Tunisie, aujourd’hui, tout le monde s’entraide"

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Le témoignage de Nadia, 58 ans, à la tête d’une agence de communication. Vit à Tunis.

"La première chose que nous allons faire, c’est réapprendre à parler. Jusqu’à présent, nous avions peur de nous exprimer, on se méfiait, même des proches. Parler de futilités, d’accord. Pour le reste, c’était seulement avec les gens de confiance. Et même là, on détournait les noms des personnes qu’on évoquait, pour ne pas attirer l’attention. Si vous saviez le nombre de surnoms qu’a Ben Ali en Tunisie! Cette parole libre, c’est un changement majeur pour la société tunisienne. C’est le premier bouleversement.

Pour l’avenir, je ne sais pas. Il va y avoir une crise économique, même si dès dimanche [ndlr: 16 janvier], les gens appelaient sur Facebook à retourner au travail.

En tant que dirigeante d’une agence de communication, ce changement de régime va probablement avoir un impact sur notre liberté de ton. Avec Ben Ali, c’était l’autocensure généralisée. On va apprendre à créer autrement.

Le choc a été énorme, personne ne sait aujourd’hui ce que cela peut donner, mais j’ai bon espoir. Nous vivons le moment présent, c’est assez difficile de se projeter. Ces événements ont en tout cas révélé la solidarité entre les Tunisiens. Tous prennent soin les uns des autres, se rendent des services. Avant, nous avions un régime dictatorial, policier. Aujourd’hui, tout le monde s’entraide. On se prend en main, ensemble.

Je suis très enthousiaste et très prudente aussi, parce qu’on ne sait pas comment la situation va évoluer. Mais le peuple a fait sa révolution et c’est quelque chose qu’on ne pourra pas lui enlever."

> Cliquer ici pour lire le témoignage suivant, celui de Karim Ben Ismail, directeur de la maison d'édition Cérès

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