Fondations : la taille compte

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Un colloque des fondations suisses insiste sur la nécessité de créer des structures plus importantes.

Constat en demi-teinte pour les 12 000 fondations privées d’utilité publique en Suisse: si, avec 300 nouvelles fondations par an, le rythme de création reste très soutenu, en ligne avec la tradition philanthropique du pays helvète, ce secteur est extrêmement atomisé, avec environ 80% des fondations de taille relativement modeste*. Le bilan a été tiré le 30 juin dernier lors d'un colloque organisé par la Swiss Foundations, association qui regroupe les fondations du pays.

Autre constat: 3000 fondations seraient "dormantes". Leurs donateurs décédés, sans personnel et les fonds placés, ces fondations vivoteraient d’un conseil de fondation à l’autre, d’année en année.

Cela ne concerne pas que la Suisse: que penser, par exemple, des centaines de fondations abritées par l’Institut de France, dont on ne connaît pas le nombre exact et qui seraient administrées seulement par une poignée de personnes ?

Par le biais des déductions fiscales, l'Etat délègue en quelque sorte aux fondations la gestion de ces fonds "d'intérêt général". Dans ce cas, alors que les besoins sociaux, culturels et d’enseignement vont croissant, que penser de la manière dont certaines fondations sont dirigées ?

L’implication des donateurs

Karin Jestin, secrétaire générale de la Fondation 1796 qui a publié un état des lieux détaillé de la philanthropie en Suisse**, a insisté sur la nécessité de développer pour cela des fondations de taille plus conséquente  ou de mieux coopérer entre fondations existantes.

Car si une fondation est trop petite, elle serait moins en mesure de mettre en place une organisation afin de distribuer ses fonds à bon escient. Ceci est cependant moins susceptible de se produire dans les petites fondations portées par des donateurs très impliqués dans leur fonctionnement.

En creux, ce sont les questions de la transparence, de la gouvernance et des moyens d’analyse et de suivi des dossiers dont se dote une fondation qui sont soulevées.

La Suisse a souvent été exemplaire sur le terrain de la solidarité et de l’humanitaire, espérons que cette initiative apporte une contribution au-delà des frontières de la Confédération, avec de véritables innovations philanthropiques.

* Fondations avec moins de 5 millions de francs suisses de dotation de départ. Placés par exemple avec un rendement de 2%, ils donneraient chaque année 100.000 francs suisses (75.000 euros) à distribuer.

**Fondation des Associés de la banque privée Lombard Odier Darier Hentsh & Cie. Le rapport complet est disponible ici.

>Voir également le lien de la SwissFoundations, l'association des fondations suisses.

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