En Indonésie, des fondations contre la corruption

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Suite de notre série sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) en Asie du Sud-Est. En Indonésie, la RSE est à l’image de ce pays: complexe mais dotée d’un réel potentiel.

Avec 240 millions d'habitants, environ 17400 îles et une incroyable diversité culturelle, linguistique et religieuse, l’Indonésie a connu une croissance économique porteuse, mais avec une corruption toujours élevée et une loi encore peu respectée.Néanmoins, certaines entreprises (souvent via leur fondation) s’investissent dans la protection de l’environnement.

Yayasan Wisnu (YW) a par exemple soutenu la transformation de quatre villages balinais en "écovillages". Les touristes sont invités à participer à la mise en place de projets: arrivée d’eau, plantation de café, fabrication d’un vin local - le salak. Un bon exemple de développement communautaire.

Une législation novatrice en matière de responsabilité sociale

L’Indonésie est un des rares pays au monde à avoir légiféré en matière de responsabilité sociale des entreprises. Le pays a voté deux lois en 2007: la première obligeant les entreprises utilisant les ressources naturelles du pays à instaurer une politique de responsabilité sociale et environnementale; la seconde rendant obligatoire pour les entreprises cotées en bourse les rapports sur les aspects sociaux et environnementaux.

La bourse d’Indonésie est même l’unique bourse d’Asie du Sud-Est à avoir mis en place un indice pour l’investissement responsable – le SRI-Kehati - en juin 2009. Cet indice, (basé sur des critères financiers, sociaux et environnementaux) a pour objectif d’identifier les meilleures entreprises en termes de pratiques sociales et environnementales, afin de guider les investisseurs grâce à plus de transparence. Avantage: créer une émulation au sein des entreprises cotées, incitées à améliorer leurs pratiques afin d'être intégrées à l'indice.

Des outils pour éradiquer la corruption

La fondation IBL, établie en 2001, informe et propose des outils aux entreprises pour la mise en place de politique de responsabilité sociale. Cette fondation favorise les partenariats entre les entreprises, le gouvernement et la société civile.

Dans un but affirmé de lutte contre la corruption, l’un de leurs programmes (Business Ethics Program), propose aux dirigeants d’entreprises d’appliquer la loi indonésienne contre la corruption dans le cadre d’exercices interactifs. Un atelier de travail auquel participe également le comité indonésien d’éradication de la corruption.

Des entreprises internationales telles qu’Unilever ont enfin développé des programmes en faveur de la réduction de la pauvreté. Grâce à sa fondation Peduli, Unilever a mis en place un programme de développement pour les fermiers cultivant des haricots noirs de soja.

L’objectif était de relancer la production de haricots noirs de soja, essentiels pour la fabrication des très populaires sauces Bango d’Unilever. En contrepartie, les revenus des paysans sont améliorés.

Des entreprises à convaincre

Ces pratiques d’entreprise sont malheureusement encore trop rares, malgré les lois de 2007. Beaucoup sont encore sceptiques. 90% des entreprises en Indonésie étant de taille petite ou moyenne, la tâche des ONG pour les convaincre des bénéfices de la responsabilité sociale est énorme.

Esperons que les récentes déclarations du Ministre de l’industrie, exprimant la volonté de l’Indonésie d’attirer les investissements étrangers, permettront de donner un nouvel élan à la responsabilité sociale des entreprises dans le pays.

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