L'appel de Kofi Annan aux dirigeants africains

Email this pageEnvoyer à un ami0CommentairesImprimer

Santé, alimentation, éducation… L'Afrique va-t-elle s'en sortir dans les années à venir ? Sur 68 pages, les auteurs du rapport 2010 sur le progrès en Afrique évaluent les progrès sociaux, économiques et politiques du continent.

Premier constat des experts de l’Africa Progress Panel*, du nom du groupe qui publie ce rapport: la crise économique n’a pas créé de sursaut chez les gouvernants africains.

Avec le ralentissement du commerce international, l’Afrique a connu seulement 1,2% de croissance. Le taux de pauvreté des travailleurs africains est même passé de 59% à 69% de 2007 à 2009.

Conséquence de cette faible croissance économique conjuguée au manque de volonté politique: "Dans l’état actuel des choses, de nombreux pays africains  n’atteindront pas les cibles des objectifs du millénaire relatifs au développement social", tranchent les experts de ce rapport sur le progrès de l’Afrique.

En 2000, les pays africains, ont - comme les autres membres de l’ONU - pris des engagements dans huit domaines de développement. Ils se sont notamment engagés à réduire de moitié le nombre de personnes pauvres d’ici 2015.

Décalage nord/sud

A moins de cinq ans avant l'échéance, un fossé s’est installé entre le nord du continent et l’Afrique subsaharienne. Si l’Afrique du nord est sur la bonne voie pour faire diminuer drastiquement la famine, la mortalité infantile et l’habitat dans les bidonvilles, le sud du continent reste très en deçà des objectifs.

Quelques points positifs cependant. Les experts soulignent les améliorations dans le domaine de l’éducation primaire: "Plus de 30 pays devraient atteindre l’objectif de l’éducation primaire pour tous grâce aux efforts des autorités nationales". Une situation qui ne doit pas faire oublier les 50 millions d’enfants africains qui n’ont pas la chance de s’asseoir sur les bancs de l’école.

Même constat en demi-teinte en matière de lutte contre la propagation du VIH. Malgré une baisse du nombre de nouvelles infections (de 2,3 millions en 2001, à 1,9 millions en 2008), l’Afrique subsaharienne reste la région la plus gravement touchée par l’épidémie.

Recommandations

Enfin, les auteurs de ce rapport coordonné par Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies, formulent une série de recommandations à destination des gouvernements africains. La coopération régionale est préconisée pour faire reculer les guerres qui font de l’Afrique le continent le plus touché par les conflits armés.

Des améliorations son également attendues en matière de politique économique. En ce qui concerne les ressources naturelles notamment. "Les coûts sociaux, environnementaux et politiques de l’extraction des ressources sont élevés et excèdent souvent les avantages financiers et économiques ainsi dégagés", peut-on lire dans le rapport. Le défi pour les gouvernants africains est maintenant de "tranformer les richesses en avancées sociales".

* Parmi les spécialistes, Muhammad Yunus, fondateur de la Grameen Bank, Michel Camdessus, ancien directeur du FMI ou encore Olusegun Obasanjo, envoyé spécial des Nations Unies pour la région des Grands Lacs.

>Pour lire en entier le rapport de l’Africa Progress Panel, cliquer ici (PDF).

Photo: Steve Punter, via Flickr.

A lire aussi sur Youphil:

>L'Afrique Noire serait-elle bien partie ?

>Faut-il cesser d'aider l'Afrique ?

Email this pageEnvoyer à un ami0CommentairesImprimer