La Fondation de France monopolise-t-elle la générosité?

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Plusieurs organisations caritatives s’insurgent contre le monopole de la Fondation de France dans les médias publics.

Après le séisme en Haïti et après la tempête Xynthia, la Fondation de France a passé un accord avec le service public radio et télévisé pour les appels aux dons. Le CCFD, l’Ordre de Malte et le Secours Catholique estiment*  que ce partenariat exclusif les a mis au ban médiatiquement.

Entretien avec Vincent Neymon, directeur de la communication du Secours Catholique.

Youphil: Pourquoi êtes-vous mécontent que la Fondation de France, qui collecte et redistribue l’argent aux associations, ait été un partenaire exclusif de France Télévision et Radio France après la catastrophe naturelle en Haïti puis en France?

Vincent Neymon: Je précise d’abord que je ne critique pas la Fondation de France. Elle récolte de l’argent pour les  associations qui n’ont pas les moyens de le faire, et c’est très bien. Mais de là à devenir monopolistique, ce n’est pas normal pour plusieurs raisons.

D’abord, plusieurs appels aux dons valent mieux qu'un seul, cela permet de récolter plus d'argent. C’est une loi de base du "fundraising" (la levée de fond). Ensuite, cela pose un problème pratique.

Comme la Fondation de France n’est pas présente sur le terrain, comment va-t-elle rendre des comptes sur l’argent distribué ? Faut-il expliquer à quelle association est allé l’argent? Qui devra le faire in fine? La traçabilité des fonds devient plus complexe, dans un contexte où les Français sont plus vigilants sur la destination des dons.

YP: Vous critiquez ce système, et pourtant votre organisation va recevoir une partie des dons collectés par la Fondation de France. Par ailleurs, vous avez vous-même un accord avec la radio RTL qui relaie vos appels au don…

V.N.: Certes, mais le Secours catholique va récupérer 250.000 euros, soit 1% de la collecte de la Fondation de France concernant Haïti. Je ne veux pas polémiquer, mais c’est une goutte d’eau à côté des 10 millions d’euros que nous avons collectés par nous-mêmes.

Et concernant notre partenariat avec RTL qui a relayé notre appel au don après la tempête Xynthia, le contexte est différent car il ne s’agit pas d’un média lié à l’Etat.

Par ailleurs, j’étais ouvert à l'idée travailler avec une autre organisation, mais la chaine de radio a préféré travailler seule avec nous car nous sommes des acteurs de terrain et pouvons lui fournir de l’information également.

Se pose également le problème des intérêts de l'argent récolté. Lorsque nous récoltons beaucoup d'argent pour une cause, nous le plaçons, et les intérêts sont ensuite consacrés à cette même cause, dans les années qui suivent. Comment procédera la Fondation de France?

YP: Vous  allez vous concerter avec plusieurs autres associations pour réfléchir à la forme que doivent prendre les appels aux dons. Qu’allez-vous proposer?

V.N.: Nous allons rencontrer les dirigeants des grands médias pour mieux faire connaître notre métier. Le but est d’éviter cette situation d’exclusivité de la Fondation de France sur le service public.

Par confort, les médias publics ont sollicité la Fondation de France car ils avaient peur d’avoir trop d’associations avec qui s’associer. Notre rôle est de mettre en valeur notre métier de terrain.

Photo: Flickr, Chuck Nohrus.

*Voir l'article de nos confrères de La Croix ici.

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Commentaires

Appel aux dons et médias

Je retiens essentiellement que les spectateurs et auditeurs des médias publics sont beaucoup plus généreux que ceux des chaînes privées!! Je caricature, mais c'est vrai que la mobilisation de certaines associations envers le "monopole" de la Fondation de France soulève en partie la problématique de l'efficacité media des campagne caritatives.
Une histoire de sensibilité?
Ou bien une meilleure efficacité des appels aux dons sur le public car il n'y a pas d'interférence avec d'autres appels ... publicitaires?