Marisol Touraine, nouvelle ministre des Affaires sociales
Cette spécialiste des questions sociales a été nommée ministre, sans surprise, par Jean-Marc Ayrault. Portrait.
Devant des conditions de travail qu'ils jugent inacceptables, les travailleurs sociaux se sont mis en grève.
"Un véritable désert social". Salaires au rabais, recours de plus en plus fréquent à des contrats précaires, manque de moyens... Ce tableau sombre n'est pas dressé par une salariée d'une entreprise lambda mais par une travailleuse sociale d'Emmaüs. Latifa Abed fait partie des salariés qui manifestent, mardi 9 mars, devant le siège du mouvement fondé il y a plus de soixante ans par l'abbé Pierre.
Cette déléguée CGT ne mâche pas ses mots pour dénoncer le grand écart entre les valeurs d'entraide prônées par l'organisation d'aide aux démunis et des méthodes de management "dignes de la pire entreprise". C'est la première fois que le mouvement connaît une véritable grève. Jusque-là, les actions des salariés s'étaient limitées à des rassemblements.
La particularité de ce conflit social tient évidemment à la nature de l'organisation mise en cause, mais aussi à la réaction de la direction. "Nous comprenons tout à fait la fatigue et l'énervement d'un certain nombre de nos salariés", explique Didier Cusserne, délégué général de l'association Emmaüs. Pour ce cadre du mouvement, "l'expression des syndicats est le reflet des difficultés que traverse le secteur de l'urgence sociale".
Pour le délégué, les conditions de la précarité sont créées par la baisse des financements publics en baisse et la crise, qui ramène un public toujours plus nombreux. "Quand l'argent dont on dispose permet d'ouvrir un centre quelques semaines seulement, il est évident que les salariés ont beaucoup de mal à remplir leur mission d'accueil", reconnaît-il.
Revendications salariales
Chaque jour, 2000 personnes sont prises en charge dans les centres Emmaüs de Paris et d'Ile-de-France. Depuis quelques mois, plusieurs associations ont rejoint le mouvement, qui est ainsi passé de 300 à 500 salariés. Ce changement d'échelle modifie l'organisation en interne. "Mais depuis plus de trois mois, des séances de négociations avec les syndicats sont organisées tous les quinze jours pour évoquer ces problèmes", rappelle Didier Cusserne, ajoutant que "la CFDT, qui est le syndicat majoritaire, ne s'est pas associée à la grève".
Pour l'intersyndicale FO-CGT-Sud, ces réunions de négociations ont été jusqu'à présent de simples mascarades. "Ce que nous réclamons en premier lieu est la revalorisation des salaires et un salaire égal devant un travail égal", explique Latifa Abed.
Actuellement, les salariés de la branche hébergement d'Emmaüs, à l'initiative de ce mouvement de grève, touchent entre 1000 et 1800 euros par mois. "Emmaüs multiplie les recours à des emplois aidés, les salariés absents ne sont pas remplacés, la grille salariale n'évolue pas", énumère Patricia Garcia, secrétaire du syndicat départemental Sud Santé sociaux.
Autant de revendications concrètes auxquels les salariés exigent désormais des réponses, au risque de poursuivre le mouvement. Une centaine de compagnons, au statut encore moins enviable que les travailleurs sociaux, ont décidé de se joindre à la manifestation.
Photo via gillesklein/FlickR
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Cette grève reflète le traitement que réserve Emmaüs aux associations souhaitant aider Emmaüs. Malgré les bonnes volontés, il est tant qu'Emmaüs place l'Homme au centre de son organisation.