Fellation, cancer... ou coup de pub réussi?

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Encore une fois le shockvertising a frappé. Encore une fois, on a réussi à faire encore plus fort et à mettre en scène (ou du moins à évoquer) l'un des derniers tabous de la société: la pédo-pornographie.

Je fréquente trop les publicitaires pour penser que c'est une erreur de jugement. Les publicitaires sont loin d'être idiots: ils sont au contraire branchés sur l'actualité, savent créer le buzz, et sont parfaitement au courant des limites de l'acceptable, mais parfois ils décident de les transgresser sciemment...

Une analyse cynique de la situation

Je suis peut-être cynique, mais quand je vois cette campagne avec 3 petites affichettes destinées à être distribuées à seulement 15 000 exemplaires dans quelques bars, mais qui circulent sur internet dans tous les sens, je deviens soupçonneux.

Quand ensuite je réalise qu'il existe un corollaire vidéo à la campagne (trés réussi d'ailleurs, voir plus bas), mais qui n'a AUCUN rapport avec ces affiches scandale, je ne peux m'empêcher de me dire que l'agence a réussi un coup... fumant!

Il existe une grande règle en communication: "Parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en". Bravo à l'agence BDDP ! On en a parlé toute la semaine. Tout le monde s'est exprimé sur la question: depuis la presse (Le Parisien en a fait sa une), aux ministres qui sont montés au créneau dans la plus grande hypocrisie possible et imaginable.

"A ma connaissance, pratiquer une fellation ne provoque pas le cancer" aurait déclaré Antoinette Fouque, cofondatrice du mouvement féministe MLF, pour commenter cette campagne. Et tout le monde a pu exprimer son avis sur la question, y compris l'industrie du tabac.

Pendant ce temps, silence de l'agence (qui a travaillé pro-bono by the way!) et de l'association des droits des non-fumeurs jusqu'au retrait le 24 f. L'opération n'aura vraiment pas couté grand chose: après tout on ne parle pas d'affiches dans le métro, ou de formats géants. Peu de couts média et peu de couts de production, mais une opération à inscrire dans les annales du word of mouth, assurément...

Mais au fait, et les jeunes? On les a entendu? Ils ont réagi? Ils ont été choqués, eux? Ben non, puisqu'ils n'étaient pas la population réellement visée. Que des adolescents aient des réactions sexuelles, ça ne choque pas les ados, seulement leurs parents... Si on veut parler aux jeunes, on utilise leurs codes, comme dans cette vidéo, très réussie, maniant habilement sérieux et humour noir...

>>> Campagne anti-tabac: pourquoi ça ne passe pas.

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