
Toute l’attention portée ces derniers jours au sommet de Copenhague - que ce soit pour relater ses avancées ou ses échecs - ne doit pas nous faire oublier que le réchauffement climatique n’est pas le seul mal dont souffre la planète.
Aujourd’hui, un milliard d’êtres humains sont toujours en situation d’insécurité alimentaire chronique.
Le G77 le rappelle dans son projet d’accord divulgué ces derniers jours: "Le développement économique et l’éradication de la pauvreté sont la priorité indiscutable des pays en développement."
Le dérèglement climatique n’est pas étranger à cette situation dramatique, d’autant que les trois-quarts de ces populations sont des paysans. Les pays industrialisés ont une dette envers ces populations.
D’où l’appel à aider les agriculteurs à se préparer au réchauffement climatique lancé le 9 décembre par le programme alimentaire mondial. Il s’agit de stopper la multiplication des crises alimentaires et de préparer l’ère de l’agroécologie.
Une gestion durable des ressources naturelles
Cette démarche agro-écologique doit privilégier des pratiques de bon sens, celles qui permettent de concilier productivité avec faible pression sur l'environnement et gestion durable des ressources naturelles, tout en luttant contre le réchauffement climatique.
En zone tropicale humide par exemple, réussir à sédentariser l’agriculture permet d’éviter la pratique de "défriche-brûlis" qui, à elle seule, peut provoquer l’émission de l’ordre de 100 tonnes de carbone à l’hectare. Le maintien de la fertilité devient alors la contrainte majeure.
Une des solutions est la couverture permanente du sol par des plantes adaptées, qui présente l’avantage de séquestrer le carbone. Les cultures trouvent leur place au milieu de cette couverture végétale qui, en se dégradant, viendra enrichir le sol après avoir servi de protection contre l’érosion et les mauvaises herbes.
Contexte écologique favorable
En zone sèche, l’enjeu principal est de créer un contexte écologique favorable aux activités agricoles mais aussi aux hommes. L’aménagement des paysages par l’embocagement, par les plantations de haies et de brise-vent (acacias, gommiers…) et par les plantations fruitières est alors essentiel et joue alors un rôle important dans la séquestration du carbone.
Les pratiques de culture utilisées visent à assurer une couverture quasi-permanente des sols et contribue à limiter les émissions naturelles de carbone.
Energies douces
De même, les fertilisants organiques (composts, fumiers, engrais verts…) et les bio-pesticides utilisés dans ces contextes sont autant d’émissions de carbone en moins pour fabriquer leur équivalent chimique. Enfin, le choix d’énergies douces (pompes manuelles, panneaux solaire…) limite l’usage d’énergies fossiles.
Pauvreté, insécurité alimentaire, réchauffement climatique
Chez Agrisud, nous sommes impliqués depuis 2 décennies en Afrique, en Asie et, plus récemment, en Amérique du Sud dans la lutte contre ces trois fléaux que sont aujourd’hui la pauvreté, l’insécurité alimentaire et le réchauffement climatique.
Notre mode d’intervention et notre histoire du terrain nous montrent chaque jour à quel point la question de la lutte contre la pauvreté est centrale pour lutter contre la destruction de l’environnement.
C’est pourquoi nous avons décidé d’apporter un soutien durable à de très petites exploitations (TPE) agricoles familiales, solidement ancrées sur les marchés locaux. A ce jour nous avons soutenu plus de 25 400 TPE depuis 1992, dont 3 350 en 2009. Notre approche combine l’économie, le social et l’agro-écologie.
Au final, grâce à cet ensemble de bonnes pratiques, les milliers de petites exploitations agricoles familiales créées par Agrisud présentent en moyenne un bilan annuel positif de l’ordre de 90 kg de carbone séquestré par exploitation. Preuve, s’il en fallait, que la lutte contre la pauvreté peut aussi aider à lutter contre le réchauffement climatique.












