La capoeira, sport de l'espoir à Damas
En Syrie, une ONG offre des cours de capoeira à de jeunes réfugiés irakiens. Reportage.
Alors que les déclarations des chefs d'Etat ce matin et celle notamment très décevante du président Obama ont laissé un sentiment de fracture intense, cet après-midi circulait une fuite sur le nouveau projet d'accord actuellement en discussion. En voici le texte et une analyse.
A quelques heures de la fin du sommet sur le climat, les blogueurs du Desmoblog se sont procurés une version du brouillon de texte de l'accord final.
>>>Cliquer ici pour lire le texte<<<
Si le discours du président Obama n'a rien annoncé de nouveau, certains espèrent encore voir les négociations aboutir à un accord juste, ambitieux et juridiquement contraignant.
Naturellement, les choses continuent à évoluer mais selon cette version du texte, les objectifs de réduction des émissions de GES ne sont pas fixés et l'accord qui se dessine ne serait pas juridiquement contraignant.
Dans un article paru sur Le Post.fr, Adrien Saumier et Alexei Prokopiev, blogueurs impliqués dans le mouvement Europe Ecologie, et observateurs ONG lors de la conférence, en analysent aussi le contenu. Selon eux, "c'est une déclaration politique qui souligne la "ferme résolution" des chefs d'Etat à avoir un ou deux instruments légaux avant Cop16, c'est-à-dire dans 6 mois. Hélas, rien ne garantit que ces instruments verront le jour dans les délais impartis. Le texte se contente en effet de rappeler des évidences comme le fait que le changement climatique est un grand défi, qu'il faut aider les pays en développement sans menacer leur économie, qu'il faut coopérer, etc."
Lorsqu'on lit le texte (téléchargeable sur ce site), on voit clairement qu'il réclame seulement une transparence assortie d'un "audit interne", évacuant ainsi un contrôle international des émissions. Les objectifs de réduction d'émission de CO2 des pays industrialisés ne sont pas arrêtés: "X % en 2020 par rapport à 1990 et Y % en 2020 par rapport à 2005" dit le texte.
Pour les blogueurs du Post.fr, "cela signifie que certains pays réduiront réellement leurs émissions de gaz à effet de serre tandis que d'autres pourront laisser filer leur industrie. On pourra voir naître un fructueux marché des droits à polluer." Cela signifie aussi que ce point est encore en âpre négociation.
Rappelons que les scientifiques recommandent une baisse de 25 à 40% par rapport à 1990 d'ici 2020, et de 80 à 95% sous les niveaux de 1990 d'ici 2050. A noter: le brouillon se réfère aussi bien aux niveaux de 1990 et de 2005, un moyen de céder à la pression des Etats-Unis et du Canada dont les objectifs sont les moins élevés.
En outre, la régulation par un marché du carbone (le système de Cap & Trade) est très décrié, et fait peur aux pays les moins avancés.
D'ailleurs, pour ce qui est de l'aide apportée à ces derniers en termes de financement de l'adaptation au changement climatique et à la lutte contre le dérèglement climatique, le texte prévoit trois origines possibles de financement: les fonds publics, des fonds privés, et des mécanismes innovants (c'est typiquement dans ce cadre que s'intègrerait la taxe sur les flux financiers internationaux proposés par la France).
Elle s'additionerait à l'aide au développement et aurait un montant de 30 milliards de dollars par an entre 2010 et 2012. A long terme, "le texte s'engagerait sur 100 milliards par an jusqu'en 2020 pour préparer l'impact du changement climatique. Mais il ne s'agit en aucun cas d'une aide publique, on parle à nouveau du "marché"" précisent Adrien et Alexei.
Rappelons que des groupes tels le Climate Action Network demandent un engagement de 10 milliards de $ par an à court terme (entre aujourd'hui et 2013). Pour le long terme, la société civile plaide pour un financement annuel de 195 milliards de $ par an d'ici 2020, et les différentes parties en présence de sont entendues sur un objectif de 100 milliards de $ par an d'ici 2020.
Comme le précise Desmoblog, "il y a une différence de 95 milliards de $ entre ce sur quoi nous devrions nous engager et ce que les leaders politiques veulent".
Pour Joss Garman, chargé de campagne pour Greenpeace cité par le Desmoblog, "cette déclaration ne va pas sauver la planète. Un accord politiquement contraignant est une simple manière de dire 'faites moi confiance, je suis un homme politique'. Nos leaders n'ont plus que quelques heures pour mettre fin à cette farce, ils le peuvent encore. Nous avons besoin de limitations plus fortes des émissions de CO2 - ce n'est pas très compliqué - mais s'ils échouent, cette conférence restera dans les mémoires comme la honte de Copenhague".
Il y a de fortes chances pour que ce brouillon soit très proche de la version finale de l'accord... ce qui reste très éloigné de ce que la plupart des parties en présences ont défendu, et de ce qui est nécessaire pour véritablement contrer les effets du changement climatique.
Néanmoins, la pression civile reste très forte et des pétitions mondiales circulent. Celle lancée par le mouvement Avaaz a recueilli plusieurs millions de signatures suplémentaires ces dernières 24 heures. Ici, les observateurs des ONG sont très fatigués, lassés, et certains nous disent "il n'y aura pas d'accord. Copenhague restera le moment où le grand mensonge des Etats sur une volonté d'accord aura été révélée au grand jour". Mais nous avons aussi appris depuis ces deux dernières semaines de négociations que les coups de théâtre peuvent être nombreux.
Un beau témoignage sur Amma
Isabelle