Mon cher détenu…
Des centaines de Français correspondent avec des prisonniers qu’ils n’ont jamais rencontrés. Un moyen pour ces derniers de maintenir un lien avec l'extérieur.
Leur avion a atteri mercredi matin dans la capitale afghane.
Leur pays est en guerre, mais ils ont quand même été expulsés. Neuf Afghans, renvoyés de France, ont atterri mercredi 16 décembre au matin à Kaboul.
Huit se trouvaient en détention dans le Pas-de-Calais, et un autre à Lyon, selon la Cimade. Une dixième personne aurait évité de justesse cette expulsion. Ils ont été renvoyés dans un charter affrété par la Grande-Bretagne.
Ces expulsions vers un pays en guerre sont totalement assumées par le ministre de l’immigration, Eric Besson, qui déclare mener une politique de "fermeté et d’humanité".
Elles provoquent un tollé du côté des associations d’aide aux migrants. France Terre d’Asile estime notamment que "la situation en Afghanistan est à ce point dégradée que le personnel de l’ONU vient d’être partiellement évacué et que tout retour volontaire vers ce pays a été suspendu par le HCR."
De son côté, le Mrap a dénoncé dans un communiqué une "décision indigne bafouant les droits humains les plus fondamentaux."
Ces expulsions surviennent dans un contexte d’inquiétude pour les associations. En début de semaine, un collectif de 24 organisations réunies sous le nom de "délinquants solidaires" ont annoncé le dépôt,"avant la fin de l’année", d’un recours devant le Conseil d’Etat, pour demander à l’Etat de faire la différence entre les passeurs et les "aidants", qui viennent en aide aux personnes sans-papiers.
<<< Mais au fait, combien coûte un charter ? >>>
Retrouvez notre dossier sur le délit de solidarité:
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