
Cela fait un peu plus de 3 ans que je blogue sur les questions de développement durable. Cela fait 10 ans que je suis le sujet, via les questions du commerce et de développement. Et cela fait longtemps que je n’avais pas ressenti une telle excitation intellectuelle.
Nous le savions, avec Isabelle, Grégoire et Raffa, en proposant d’ouvrir un blog dédié à Copenhague: nous allions retrouver l’émulation intellectuelle que nous avions connu en 2006/2007, lors des élections présidentielles, alors que nous mettions toute notre énergie à décrypter les engagements et les mesures durables des candidats.
La COP15, nous l’avons en ligne de mire depuis mai dernier. Nous la suivons quotidiennement depuis début septembre. Autant vous dire que depuis une semaine nous sommes encore plus aux aguets car… nous y sommes! Aujourd’hui s’ouvrent deux semaines de négociations qui se doivent d’être historiques. En réalité, il s’agit là d’un véritable "moment d’histoire". Il ne peut en être autrement car… nous n’avons pas le choix, nous n’avons plus le choix. Comme le dit si bien Fred Vargas d’ailleurs, "depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance. (…) On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. (…) Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes. Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie."

Dernière campagne de Greenpeace à Copenhague - dans 20 ans, nos dirigeants devront-ils regretter leurs choix?
Sida, chômage, climat
Ma génération, je crois pouvoir dire aujourd’hui qu’il s’agit d’une "génération climat". Plus jeune, je me sentais appartenir à la "génération sida" tant le sujet était omniprésent. J’avais alors 10 ans. Je me suis demandée ensuite, à 20 ans, si je n’appartenais pas à la "génération stage et chômage". Mais à bien y réfléchir, le climat est l’enjeu qui pour moi aujourd’hui résume au mieux la force de basculement, le moment, ce qui en l’espace d’une décennie pourrait prendre en main l’avenir des générations actuelles et futures.
Si j’ai peur et me sens désabusée parfois ? Oui, c’est inévitable lorsque l’on veut "sauver le monde"… mais je suis fière de faire partie de cette génération tant l’engagement de ceux que nous côtoyons quotidiennement nourrit notre détermination. Notre engagement pour la planète repose sur un bon sens commun, un socle de valeurs partagées, une envie d’autrement, un désir d’avenir qui s’inscrit dans le solidaire et dans le vrai. Dans un monde en crise, notre engagement fait sens. Nous savons où nous voulons aller, nous savons que cela est difficile et compliqué. Et je ne me fais jamais d’illusion : si je posais la question dans la rue… je me rendrais compte que personne ne "veut être sauvé" ! Je sais que nous sommes encore trop peu nombreux à être convaincus de l’urgence climatique aujourd’hui. Certains même en doutent encore et font tout pour détricoter le travail que d’autres font minutieusement au quotidien. Eux sont aidés, en plus par l’individualisme de notre sacro-sainte société de consommation…
Mais feu de tout cela ! Une chose m’importe : être en mesure de dire plus tard à mes enfants que nous y étions, que nous avons fait notre possible pour bouger les lignes, et que cette fameuse troisième révolution de Fred Vargas, nous avons tout fait pour l’accompagner au mieux.
Nous l’aurons dans quelques jours, le fin mot de l’histoire... Nous l’avons tous entre les mains. Ne la laissons pas filer.













