Climat: qui s'engage à quoi?

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A deux jours du sommet de Copenhague, c'est le moment de faire le point sur les engagements pris par les pays industrialisés pour endiguer le réchauffement climatique.

Le bal des déclarations, rétractations, alliances et frondes n'a cessé de se jouer depuis début novembre. Chaque jour ou presque arrive avec sa nouvelle. Les pays industrialisés sont les principaux responsables historiques des émissions de carbone. Quelle ambition affichent-ils?

L'Union européenne des 27 affiche une position commune d'objectif de réduction de 20% de ses émissions avant 2020 par rapport au niveau de 1990, qu'elle portera à 30 % en cas d'accord international satisfaisant.
Les pays membres s'accordent sur un montant de 100 milliards d'euros d'aide aux pays pauvres et émergents mais sans trouver d'accord interne sur le montant de leur participation, ni les modalités. Cela peut paraître ambitieux mais c'est en fait insuffisant, ou très juste, par rapport aux objectifs requis d'une baisse de 25 à 40% des émissions avant 2020.

Des pays se sont séparément engagés, verbalement ou juridiquement, à des réductions importantes.

> Budget carbone et législations ambitieuses en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Suède. La Grande-Bretagne s'est légalement engagée dès avril à diminuer de 34 % ses émissions de CO2 pour 2020 par rapport à 1990 et pour 2050 à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 80% par rapport au niveau de 1990. Elle prévoit un "budget carbone" subventionnant les projets "verts" sur son territoire, à la hauteur de 1,4 milliards de livres rien que pour l'année 2009/2010. Au niveau international, elle a annoncé le 29 novembre une contribution de 1,3 milliards d'euros sur les trois prochaines années.

> L'Allemagne a également voté une réduction de 40% avant 2020 par rapport au niveau de 1990 en décembre 2007, comme la Suède, dont l'objectif est d'atteindre un 0% émissions en 2050.

> La France défend le plan Borloo "justice-climat" d'une diminution de 25 à 40% des émissions de gaz à effet de serre avant 2020, par rapport aux niveaux de 1990. Un plan conforme aux recommandations et une aide internationale en partie assurée par une taxe sur les flux financiers mondiaux d'environ 0,01%. Elle mène une action diplomatique d'importance mais le plan en tant que tel n'a pas été voté par le parlement.

> le Danemark vient de communiquer un plan assez peu ambitieux, ne communiquant pas d'objectifs intermédiaires pour 2020

La Russie a annoncé une réduction de 25% de ses émissions avant 2020 par rapport aux niveaux de 1990 le 19 novembre, mais ces objectifs n'ont pas été reconfirmés. Ce serait plus ambitieux que ses précédentes annonces, qui tablaient sur une réduction de 10 à 15%. Néanmoins, les émissions de la Russie seraient de 30% en dessous du niveau de ses émissions de 1990, suite à l’effondrement économique qui a suivi l’implosion de l’URSS. Cet objectif de "diminution" permet donc au contraire au mieux un statu quo.

Le Japon promet une réduction de 15% avant 2020, par rapport aux émissions de 2005, soit 8% par rapport aux niveaux de 1990.

Les Etats-Unis ont annoncé une réduction de 17% avant 2020 par rapport aux émissions de 2005, soit un petit 4% par rapport aux niveaux de 1990. Cet objectif est très faible et la loi climat n'est pas encore discutée en interne au Congrès. On sait qu'elle tient beaucoup d'opposants chez les Républicains. Les climatosceptiques sont en outre très actifs sur le territoire américain.

En Australie, les projets de réduction sont en ce moment âprement débattus tandis que le Canada, faute de se prononcer, est menacé d'expulsion du groupe du Commonwealth par d'autres pays membres. L'état canadien du Québec a annoncé par contre qu'il partageait les objectifs européens d'une diminution de 20% par rapport aux niveaux de 1990.

Globalement, les objectifs affichés par les pays industrialisés restent faibles. Ils ne sont pas à la hauteur de leur responsabilité historique, et ne permettent pas de réaliser les demandes des scientifiques d'une réduction à minima de 25 à 40% des émissions des pays industrialisés. La plupart de ces pays sont très bien lancés dans la course aux énergies renouvelables et à l'efficience énergétique mais ils semblent ne pas vouloir entendre parler d'objectifs vraiment contraignants.

Pire, ils ne s'accordent pas sur l'aide à l'atténuation des émissions et à l'adaptation au changement climatique des pays émergents et pauvres. Diplomatiquement, ces derniers ne peuvent pas entendre une telle position et les pays émergents ont récemment fait front pour mettre les pays industrialisés face à leurs responsabilité. La dynamique pour Copenhague est meilleure qu'il y a quelques semaines, quand tout semblait bloqué, mais elle manque encore d'ambition.

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