Mon cher détenu…
Des centaines de Français correspondent avec des prisonniers qu’ils n’ont jamais rencontrés. Un moyen pour ces derniers de maintenir un lien avec l'extérieur.
Chaque fin d’année, c’est la course aux dons pour les associations.
Les propos de Pierre Bergé sur le Téléthon n’ont pas eu pour seul effet de susciter une vague d’indignations. En accusant l’Association française contre les myopathies (AFM) de "cannibaliser la générosité des Français", l’homme d’affaires a mis le doigt sur un enjeu de taille: la concurrence entre les associations pour récolter des dons.
Pour le secteur caritatif, les derniers mois de l’année constituent en effet une période clé. C’est le moment où les Français mettent la main à la poche. Envie d’être généreux à l’approche de Noël? Pas seulement. Car décembre rime également avec impôts, et les déductions fiscales que permettent les dons jouent un rôle non négligeable dans la "générosité des Français". Lesquels donnent en moyenne 280 euros par an.
Enfin, quelles que soient les motivations, environ 40% des dons sont versés pendant les trois derniers mois de l’année. Mauvaise nouvelle en 2009; crise oblige, 38% des donateurs envisagent de donner moins, selon la dernière étude du groupe d’experts Recherches et Solidarités (en pdf).
Cependant, Jacques Malet, président de Recherches et Solidarités, se veut rassurant: "L’an dernier, alors que des baisses étaient également annoncées, nous avons assisté à un sursaut". A un moment, pourtant, où la crise était déjà là. D’après cet expert ès générosité, 25% des Français sont des donateurs occasionnels ou réguliers. 1 sur 4 donc. "Partant de là, en excluant les Français trop fragiles qui ne peuvent pas donner, on estime que la proportion pourrait monter à 2 Français donateurs sur 4", affirme-t-il. Des chiffres qui paraissent audacieux au regard des seules données précises dont on dispose pour mesurer la générosité des Français: les dons déclarés sur les fiches d’impôt.
Les derniers chiffres de Bercy, basés sur les déclarations de revenus faites en 2008, indiquent que 5 302 000 foyers fiscaux ont déclaré des dons. Sur une population d’un peu plus de 62 millions d’habitants, on arrive à un pourcentage de donateurs de l’ordre de 8%. Loin des 25% évoqués par Jacques Malet.
Pourquoi un tel décalage? Chris Olivier, dirigeante du Cerphi, rappelle que "dans un foyer fiscal, il peut y avoir plusieurs personnes". De plus, de nombreux Français ne mentionnent pas leurs dons dans leur déclaration d’impôts. L’incertitude règne donc quant au nombre exact de donateurs.
Idem pour les montants. Toujours selon les documents de Bercy, le montant moyen des dons par foyer fiscal s’élève à 320 euros en 2007, ou 280 euros selon les modes de calcul. En 2006, il était de 305 euros. Si on prend en compte les foyers fiscaux déclarant des dons, on aboutit à la somme de 1,7 milliard d’euros de dons. Or, l’étude de Recherches et Solidarités évoque 3 milliards d’euros de dons en 2007. Une évaluation avantageuse qui inclut le pourcentage de dons non déclarés. Des acteurs du secteur s’accordent sur une estimation de 2 milliards d’euros de dons en 2007. Un chiffre qui semble plus proche de la réalité.
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