
Inutile de rappeler la politique catastrophique de l’administration Bush en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Par contre, il me semblait intéressant de se remémorer les promesses de campagne du candidat Obama.
Je me suis amusé à retourner sur mon blog afin de retrouver un post publié le 20 janvier 2008, dans lequel je présentais les promesses de campagne des différents candidats possibles à la présidence américaine. A l’époque (des belles promesses... Hum, hum), Barak Obama annonçait que, s’il était élu, il mettrait en place:
- un marché carbone avec des permis d'émission de CO2 (esprit du protocole de Kyoto) pour réduire de 80% d'ici 2050 les émissions de CO2 (en comparaison avec celles de l'année 1990)
- un plan d'investissement dans les énergies du futur
- une augmentation de 50% d'ici 2030 de l'efficacité énergétique
- la restauration du leadership américain sur le changement climatique en réengageant les USA dans le cadre de l'ONU sur toutes les questions environnementales .
Et bien, il faut se rendre à l’évidence… ces belles promesses ne se traduisent pas encore en actes!
Aucun objectif précis de la part des Etats Unis
A la veille de Copenhague, les Etats-Unis n’ont annoncé aucun objectif de réduction des émissions de CO2! Il faut noter que lors du dernier round des négociations préparatoires de Copenhague, les USA laissaient entendre officieusement qu’ils diminueraient de 17 à 20% d’ici 2020 leurs émissions de CO2 par rapport à… 2005. Ce chiffre de réduction est à remettre en perspective.
Alors que tous les pays mettent en place des objectifs avec comme année de référence 1990, les Etats-Unis ne s’engageraient que pour une baisse de 4% par rapport à 1990 d’ici 2020. (Disons les choses clairement: cet engagement, s’il était confirmé, est loin d’être à la hauteur puisqu’il devrait être d’au moins 25% par rapport à 1990 d’ici 2020).
Par ailleurs, on vient d’assister à un rapprochement entre la Chine et les Etats-Unis sur les questions environnementales. Ni les uns ni les autres n’ont envie de voir se mettre en place un protocole contraignant.
Les Chinois (soutenus également par les Indiens) ne cessent de mettre en avant leur propre programme "maison" de réduction des émissions de CO2. Quant aux Américains, on le voit, ils refusent toujours d’avancer sur des propositions chiffrées.
Les dirigeants européens peuvent s’opposer aux américains
Face à cette alliance de circonstance, les Européens doivent affirmer que Copenhague doit être le lieu de décision de l’après protocole de Kyoto avec la mise en place d’objectifs précis de réductions des émissions de CO2, dans un cadre juridique contraignant.
Certes, les Européens avaient anticipé cette approche à minima des Etats-Unis avec Angela Merkel, présente en début de mois aux USA, pour exhorter l’administration Obama à s’engager dans un plan ambitieux à Copenhague. Ou encore Fredrik Reinfeld, premier ministre suédois et actuel président en exercice de l’Europe qui est revenu très pessimiste d’un déplacement aux USA début novembre. Le dernier en date, Jean-Louis Borloo, propose un plan permettant d’arriver à un accord à Copenhague, tout en isolant les Américains.
Une guerre des médias qui sera décisive
Face à ce bras de fer qui va se jouer entre occidentaux et surtout entre Européens et Américains, la guerre de l’information sera décisive. Ainsi, les USA font déjà tout pour annoncer un accord à minima à Copenhague… leur évitant potentiellement d'être les responsables de l'échec d'un grand plan de lutte contre le réchauffement climatique. Deux jours plus tard, ils ont annoncé qu’il fallait que Copenhague aboutisse à un accord avec "effet immédiat".
De belles déclarations, parfois contradictoires, seront relayées dans les jours qui viennent mais, même si l’on peut manipuler les médias et avoir des campagnes de communication ou des alliances de circonstance... il n’en reste pas moins que les premiers pollueurs au monde, ce sont bien les Américains, avec plus de 21 tonnes de CO2 par habitant! Que le président Obama prenne ses responsabilités et respecte ses engagements de campagne, il pourra alors montrer au monde entier que les USA s’engagent pleinement dans la lutte contre le réchauffement climatique.













