Mon cher détenu…
Des centaines de Français correspondent avec des prisonniers qu’ils n’ont jamais rencontrés. Un moyen pour ces derniers de maintenir un lien avec l'extérieur.
En 1999, les premières manifestations altermondialistes avaient lieu à l'occasion du sommet de l'OMC à Seattle. Dix ans plus tard, les militants s'apprêtent à envahir Copenhague.
Il y a quelques jours, je vous expliquais en quoi les ONG présentes à Copenhague auraient un comportement différent du comportement que les ONG ont eu à Seattle il y a 10 ans. Or, je suis tombée sur cet article très intéressant rédigé il y a quelques jours par Naomi Klein pour The Nation, dans lequel elle fait part d’une discussion qu’elle a eu récemment avec David et Rebecca Solnit, auteurs d’un livre à paraître prochainement aux Etats-Unis, "The Battle of the Story of the Battle of Seattle".
Selon eux, la mobilisation qui aura lieu pour le sommet de Copenhague pourrait ressembler à celle qui a eu lieu il y a 10 ans à Seattle… mais en beaucoup plus solide. Comme je vous l’expliquais, il ne s’agit pas là d’une mobilisation que les journalistes pourront qualifier d’altermondialiste: cette fois-ci, les ONG présentes soutiennent une seule et même grande cause, le changement climatique.
Pour Naomi Klein, le système de droits à polluer (très décrié aux Etats-Unis, alors qu’il existe déjà un peu en Europe) est une mauvaise option qui risque d’être fortement dénoncée par les activistes présents à Copenhague: cela correspond à une privatisation de l’atmosphère. Non seulement ce type de solution, basée sur une logique de marché, ne pourra résoudre la crise écologique… mais elle va dramatiquement accroître la pauvreté et les inégalités, car les plus pauvres et les plus vulnérables sont les premières victimes du changement climatique, explique l’auteur de "No Logo".
En outre, alors que les solutions étaient évoquées timidement lors des précédents sommets du genre, cette fois-ci les solutions seront au centre des négociations à Copenhague. On ne voudra pas bloquer les négociations, mais les ouvrir au maximum, à l’image de cette action prévue le 16 décembre par l’ONG Climate Justice Action… durant laquelle une "irrésistible machine de résistance", fabriquée à partir d’une centaine de vieilles bicyclettes, devrait contribuer à "créer un espace de discussion", "afin de parler de notre agenda, un agenda pour la justice climatique, un agenda de solutions réelles. Ce jour là sera le nôtre", confient les organisateurs. Il s’agira là d’une vraie action de désobéissance civile, pour contrer les barrières physiques en usant de non-violence… Vidéo présentant l’action du 16 décembre
Pour John Jordan, un expert que Naomi Klein avait cité dans "No Logo" et dont les prévisions s’étaient révélées justes en 1999, "si Seattle incarnait le coming-out de nombreux mouvements, alors peut être que Copenhague incarnera notre passage à l’âge adulte". Mais attention, grandir ne signifie pas que cela sera plus sûr, que l’on évitera la désobéissance civile en faveur des réunions bien sages… "J’espère que nous avons grandi dans notre désobéissance", explique Jordan, "car la vie dans ce monde qui est le notre pourrait bien s’arrêter à cause de trop nombreux actes d’obéissance"… A méditer n’est-il pas? En novembre sortira une version actualisée du célèbre ouvrage de Naomi Klein, "No Logo: Taking Aim at the Brand Bullies".
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laguepie