Les coulisses d’un périple journalistique

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Deux mois et demi de voyage: le temps de faire le point. De vous faire part de nos impressions, de nos rencontres, de nos coups durs…

Bogotá, Santa Marta, Valledupar, Riohacha, Carthagène, Quito, Otavalo, Tena, Cuenca, demain Lima… Les noms des villes traversées s’ajoutent les uns aux autres, le trajet parcouru s’allonge depuis que nous avons quitté la France le 28 juillet.

Nous nous sommes rapidement rendus compte qu’il n’est pas si aisé d’allier tourisme et journalisme, de réunir voyage “routard” et enquête de terrain.

L’agenda d’abord. Il est difficile à tenir. Les rendez-vous pris avec les personnes que nous souhaitons interviewer ne sont jamais fixés dans le marbre. Les Arhuacos, Indiens de la Sierra Nevada (Lire : "Café bio de la Sierra au Supermarché") nous ont par exemple mis à l’épreuve.

Patience, patience

A Valledupar, au Nord-Est du pays, il a fallu près d’une semaine d’attente pour rencontrer les Cabildos, les autorités locales, et obtenir l’autorisation de réaliser notre reportage au sein d’une communauté.

Nos journées se déroulaient essentiellement à la “Casa Indigena” (maison des Indiens), sorte de sas entre les communautés indiennes et la société colombienne. En dégustant des mangues directement tombées de l’arbre, nous avons discuté des journées entières avec les Indiens et ainsi approché progressivement la spiritualité de ces écologistes radicaux, prêts à sacrifier une part de l’aide gouvernementale pour racheter des terres et reboiser.

Le rendez-vous pris, il faut parvenir à se rendre sur place. 4X4 sur des routes sinueuses à flanc de montagne pour rejoindre les plantations de café de Wilberg Mestre, pirogue et randonnée pour gagner le village de Rio Blanco dans l’Amazonie et de longs, parfois très longs, trajets en bus pour relier une ville à une autre. Il nous a fallu plus de 20 heures pour aller de Bogotá à Santa Marta, 35 heures de Bogotá à Quito.

Heureusement, les transports colombiens étaient tout confort: sièges inclinables et climatisation. Le confort est plus rustique en Equateur mais les trajets bien plus animés. Chaque demi-heure, des petits vendeurs montent pour écouler leurs stocks de chips ou de boissons, ou vanter les mérites de telle ou telle marque de lunettes de soleil.

Mais nous n’abandonnerons pas ce moyen de transport privilégié pour un avion plus sûr. Nous ne pourrions plus profiter des paysages et tisser des liens parfois farfelus.

Le matériel n’est plus

Où que nous soyons, nous sommes sur nos gardes. Nous craignions le pire en Colombie. Les gardes du corps de Debora Fincos, présidente de l’association “Wayuu Munsurat”, censés la protéger contre les paramilitaires, n’étaient pas là pour nous rassurer. (Lire: "Des Indiennes risquent leur vie pour la paix”).

Nous n’étions pas sereins non plus à Bogotá, dans la banlieue défavorisée de Santa Rosa pour réaliser notre reportage portant sur le microcrédit (Lire: “La réconciliation d’un quartier colombien par le microcrédit”). Mais bien accompagnés par les membres de l’ONG Projeter sans frontières, nous ne risquions rien.

A notre grande surprise, c’est en Equateur que nous avons fait les frais des pick-pockets. A Quitos, un appareil photo inhabituellement en bandoulière a suffi à attiser les convoitises. Juste après avoir senti une substance visqueuse se déverser sur nous, un homme a proposé de nous aider pour essuyer nos vêtements. C’était un coup monté. Profitant de notre distraction, l'un de ses complices nous a dérobé notre Réflex. Le plus drôle est que nous l’avons vu en vente dans un centre commercial louche 10 minutes plus tard. L’appel de la police ne changea rien. Leur manque de discrétion a permis au “commerçant” de cacher notre appareil en lieu sûr.

Nous pensions que cette malencontreuse aventure serait la dernière. Il n’en fut rien. Nous avons eu la mauvaise idée de nous endormir dans un bus. Grave erreur. A notre réveil, le sac à dos, pourtant soigneusement caché à nos pieds, était vide. Notre ordinateur, caméra et nouvel appareil photo avaient disparu.

Une fois le reportage réalisé, malgré les déconvenues, encore faut-il pouvoir envoyer l’article. Le plus souvent, nous cherchons un hôtel avec le Wifi ou un cybercafé à la connection Internet rapide. Puis, il faut encore patienter lors des coupures de courants et arriver à s’isoler tant les Equatoriens et Colombiens aiment partager leurs musiques. Le plus confortable est de profiter de la connexion d’un ami nous hébergeant comme l’a fait Juana à Bogotá dans son appartement surplombant la ville.

Car sur notre parcours de nombreuses petites mains nous ont aidées. Wilberg, Juana, Rafael, Julie, Fatima et Cissa nous ont permis de relativiser nos petits soucis et finalement de les prendre avec un grand sourire.

Retrouvez tous nos reportages réalisés en Amérique du sud:

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