Rapports d’Amnesty : comment ça marche ?

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Un rapport sur Gaza publié par l’ONG crée la polémique. L'occasion de voir comment sont fabriqués, sur le terrain, ces rapports qui épinglent les grands de ce monde.

Le rapport (en pdf) publié jeudi 2 juillet par Amnesty International sur la guerre de Gaza crée la polémique. L’organisation y dénonce les crimes de guerre dont se seraient rendus coupables l’armée israélienne et le Hamas.

Les deux parties ont récusé les conclusions de ce document, intitulé « 22 jours de morts et de destruction à Gaza ». Ces rapports font régulièrement la Une de l'actualité. Mais comment sont-ils produits ?
Une organisation comme Amnesty International dispose d’une équipe de chercheurs chargés de veiller quotidiennement à l’évolution des droits de l’Homme dans un territoire donné, comme le Proche-Orient.

Ces spécialistes reçoivent ainsi en permanence des informations remontant de leur réseau, composé de défenseurs des droits humains sur le terrain et d’associations. «Ce sont des structures qui ont notre confiance, car nous avons vérifié depuis plusieurs années leur sérieux et la véracité de leurs propos», explique Benoît Muracciole, responsable de la campagne «Control arms» chez Amnesty International.

Le travail au siège…

Quand de nombreuses alertes provenant d’une région signalent une violation grave des droits humains, le siège décide de mener une enquête. C’est l’étape 1.

Dans le cas du rapport sur Gaza, c’est bien évidemment l’urgence humanitaire dans laquelle se trouvait la population qui a déclenché l'opération. Ainsi que des déclarations politiques comme celle d’Ehud Olmert, fin janvier, affirmant qu’«aucune poursuite ne serait engagée contre les militaires ayant participé à cette opération.»

Le chercheur «référent» contacte alors, en interne, différents départements. Cette fois-ci, comme il s’agissait d’invasion militaire, celui chargé de l’armement et des questions militaires a été mis à contribution.

Plusieurs experts sont chargés d’étudier les informations remontées de la base et de préciser l’angle de la mission.

… puis le déplacement sur place

Le chercheur référent se rend alors sur place, accompagné d’un ou deux experts. C’est l’étape 2. A Gaza, c’est Donatella Rovera qui a fait le voyage, fin janvier, avec un ancien militaire spécialiste des questions d’armement, de balistique etc…

Pendant deux à trois semaines, c’est la phase opérationnelle. Avec l’aide du réseau mentionné plus haut, les experts d’Amnesty recueillent des témoignages, recoupent les informations, parfois même effectuent des reconstitutions de scènes de guerre.

A Gaza, le spécialiste des questions militaires a en outre évalué l’impact des obus sur les habitations, l’utilisation des différentes armes et fait une analyse de la destruction des maisons.
«Notre travail est de recueillir tous les témoignages, sans limitation», insiste Benoît Muracciole.

Alerter

L’arbitrage entre tel ou tel témoignage peut parfois poser problème. «On ne publie au final que des informations qui sont 100% vérifiées», précise Benoît Muracciole.

Beaucoup d'analyses se fondent donc sur des témoignages recueillis directement au sein de la société civile, ou lus dans la presse locale. Dans un pays comme Israël, où la liberté de la presse est difficilement contestable, les experts d’Amnesty ont ainsi pris en compte des témoignages de soldats israéliens parus dans le quotidien Haaretz.

Des photographies peuvent également être utilisées, quand elles existent. Cette fois-ci, Amnesty n’a eu accès à aucune image. Pourtant, des drones ont été utilisés par l'armée israélienne et ce type d'engin est équipé d'un système photographique

Etape 3. Après un premier pré-rapport d’étape publié fin janvier, le deuxième, de 117 pages celui-là est publié début juillet, après quatre mois de recoupement d’informations. Le travail d’alerte est accompli.

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