Les oubliés de Nargis

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Un an après le cyclone en Birmanie, les ONGs quittent le terrain, faute de financement.

Sensibiliser, encore et toujours, les donateurs. Un an après le passage du cyclone Nargis, dans le sud-est de la Birmanie, la population a encore besoin d’argent. Pour se nourrir, avoir accès à l’eau potable, se loger ailleurs que sous des bâches en plastique. Pour donner un coup de pouce à l’agriculture, aussi.

Après la catastrophe, des centaines de milliers d’agriculteurs ont du contracter des prêts pour faire face à destruction de leurs cultures. Mais aujourd’hui, la salinité des sols, due aux inondations, empêche la production de récoltes importantes. Et les villageois se retrouvent prisonniers de leurs dettes. 350 000 personnes sont encore dépendantes de distributions gratuites de nourriture. « De nombreux donateurs sont venus nous aider pendant quelques mois aussitôt après Nargis, mais aucun donateur n’est venu ces six derniers mois », explique à l'AFP Nyo Htwe, une agricultrice de 47 ans.

Urgence, post-urgence

Eternel casse-tête du financement de l’aide humanitaire, quand l’hypermédiatisation d’une catastrophe naturelle laisse place à l’oubli. Les ONGs comptaient sur le premier anniversaire de Nargis pour rappeler les besoins humanitaires au bon souvenir des donateurs. Pas de chance : leurs appels aux dons sont tombés « en pleine crise mondiale, et au moment où l’attention de la communauté internationale se fixe sur la grippe porcine », commente Fabienne Sivignon, responsable de la mission Birmanie pour Médecins du Monde.

Pourtant, la région a encore besoin d’aide : l’ONU indique que le delta birman de l’Irrawaddy doit recevoir 691 millions de dollars pour les trois ans à venir. De son côté, Oxfam estime que les promesses de don de part de la communauté internationale en matière d’aide à long terme sont largement insuffisantes.

Flexibilité du pouvoir birman

« Après le passage du cyclone, la quasi-totalité des survivants ont bénéficié d’un certain degré d’assistance, juge Claire Light, la responsable Birmanie chez Oxfam. Les 2, 4 millions de personnes touchées continueront à ressentir l’impact de ce cyclone à moins que l’aide ne continue d’affluer pendant les trois années à venir ».

A la suite de la catastrophe, les ONGs ont pu bénéficier d’une certaine flexibilité du pouvoir, moins prompt à leur fermer les portes du pays face à une catastrophe naturelle difficile à gérer, et qui a fait 138 000 morts. En temps normal, peu d'organisations humanitaires peuvent travailler sur le territoire. Mais aujourd’hui « les ONGs doivent quitter le pays, car les financements sont difficiles à trouver. », soupire Fabienne Sivignon. A moins que les Etats et les donateurs privés s’investissent à nouveau pour les oubliés de Nargis.
 

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