Ils photographient les favelas autrement

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Suite de notre reportage à Maré, banlieue pauvre de Rio, cette fois-ci à la rencontre de jeunes photographes des favelas.

Des trafiquants de drogue, des enfants armés, des habitants terrorisés. Voici les images que diffuse la presse brésilienne pour illustrer les favelas. Des clichés qui entretiennent la peur et les préjugés, réduisent leurs habitants venus de divers milieux à des "pauvres" et les excluent un peu plus de la société.

Pourtant, lorsque nous sommes entrés dans Maré, au Nord de Rio, nous avons aussi traversé des rues animées, emplies de musique et de passants, aperçu des enfants jouer et des couples s’enlacer. Ce sont ces moments de vie et de chaleur, de danse et de partage, que montrent les photographies que nous avons sélectionnées pour ce portfolio.

Si ces images sont bien différentes des autres, c’est que les photographes qui les ont prises viennent eux-même des favelas. Ils sont formés à la technique et à l’art de la photo par de vrais professionnels dans une école gratuite, au sein de l’Observatoire des favelas, ONG spécialisée dans la recherche et l’action sociale dans les milieux urbains marginalisés.

A travers son projet Imagens do Povo (images du peuple), qui rassemble une école, une agence et une banque d’images, le photographe João Roberto Ripper a voulu donner la parole à ceux qu’il a tant photographiés lui-même. Aujourd’hui, ses étudiants remportent des prix, une trentaine d’anciens élèves vivent de la photo, et le centre attire des jeunes de tout Rio par la qualité de son enseignement. 

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