São Paulo la fausse écolo

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En matière d'environnement, la capitale économique brésilienne n'en fait qu'à sa tête. Elle prend des mesures surprenantes contre la pollution qui l'asphyxie.

Première étape de notre visite du Brésil, São Paulo, cinquième métropole la plus peuplée au monde, et première d'Amérique du Sud, avec ses quelque 20 millions d'habitants.

São Paulo la grise, São Paulo la folle, capable du meilleur comme du pire. Ville-monstre de béton et de verre où l'on peine à retrouver des traces du passé colonial. Ville-vitrine du pouvoir et de l'argent du Nouveau monde, où la masse pressée contourne sans un regard les corps jonchant les trottoirs.

Jusqu'à 200 kilomètres de bouchons

En termes de protection de l'environnement, là encore, la métropole se démarque. Son principal problème? Les embouteillages. Sujet de conversation favori des Paulistas, le trafic routier est à l'image de la ville: incontrôlable. Six millions de voitures se pressent sur les routes de l'agglomération chaque jour, entraînant parfois jusqu'à 200 kilomètres de bouchons.

Une étude du laboratoire de pollution de l'air de l'université de São Paulo a révélé que la pollution de l'air avait fait plus de victimes (3.500 en 2007) que le sida ou les accidents de la route (1.624 à eux deux en 2007).

Dès notre arrivée dans la ville, nous avons remarqué un autre genre de trafic intensif, aérien cette fois-ci. Pour échapper à l'enfer quotidien des pots d'échappement et des klaxons, l'élite riche de la mégapole circule de plus en plus en... hélicoptère. A tel point que la pollution sonore vient s'ajouter à la pollution de l'air. Selon l’autorité brésilienne d’aviation (ANAC), 483 hélicoptères circulent dans le ciel de São Paulo, en faisant la capitale mondiale de ce moyen de transport, devant New York et Tokyo.

La liste des mauvais points ne s'arrête pas là: l'objectif de généraliser le tri sélectif à tous les districts de l'agglomération a été repoussé à 2012, faute non pas de budget (il a été voté) mais d'organisation...

Une ville sans pub

Pourtant des progrès sont visibles, ou plutôt respirables: des mesures de pollution effectuées sur les 15 derniers mois ont montré une baisse des trois principaux polluants (particules, monoxyde de carbone et ozone).

La construction d'une voie supplémentaire sur le périphérique et l'ouverture d'une bretelle de contournement pour les camions contribuent à ce succès.

Une bonne partie des véhicules les plus polluants devraient aussi disparaître du paysage urbain cette année, puisque la mairie a généralisé le contrôle anti-pollution obligatoire à tous en 2010.

Ces mesures utiles mais non spectaculaires ne font toutefois pas autant la fierté de São Paulo que la radicale interdiction de publicité adoptée en 2007 pour lutter contre la pollution visuelle... A grands renforts de dizaines de millions d'euros d'amendes, 3 millions d'enseignes commerciales, les 15 000 panneaux extra-larges présents dans la mégalopole, les publicités sur les bus et les taxis ont été rayés de la vie urbaine.

Le résultat? Les espaces verts et les créations architecturales reprennent du terrain.

Toujours à contre-courant, São Paulo a dans le même temps laissé pérécliter son système de vélos en libre-service, faute d'utilisateurs... Peut-être en raison du nombre ridicule de bicyclettes: 202.

Pourtant, une course réalisée en heure de pointe entre la voiture, l'hélico et le vélo a démontré une victoire sans appel de ce dernier. Les pouvoirs publics développeront peut-être enfin des infrastructures permettant aux Paulistas de changer leurs habitudes...

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