Les visages de l'économie populaire au Chili

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Les "organisations d'économie populaire" sont monnaie courante au Chili. Ces micro entreprises sont souvent une porte de sortie par le haut pour des populations exclues.

Avant que le terme micro-entreprise ne soit employé, avant que le concept d'entreprises sociales ne voit le jour, le Chili expérimentait une forme d'organisation entrepreneuriale originale.

Les Organisations d'économie populaire (OEP) sont nées dans la période trouble de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-90). Alors que l'économie libérale était la règle, que de nombreuses personnes étaient exclues du marché du travail, de petits entrepreneurs, individuellement, créaient leur propre commerce. Certains engageaient même un bras de fer contre les autorités toutes puissantes. La Fundación Solidaridad aidait, par exemple, les prisonniers politiques.

Aujourd'hui, d'une ville chilienne à l'autre, il est aisé de rencontrer ces artisans vendant des objets de bois sculptés, des vêtements, de la nourriture.

Les micro et petites entreprises généraient 62,6% des emplois privés au Chili en 2003, et au sein d'entre elles on trouve de nombreuses OEP.

Souvent nées par nécessité, se développant en temps de crise, elles ne se concurencent pas, bien au contraire. Comme l'explique Luis Razeto, elles s'entraident. En leur sein, le mot “patron” est banni et toutes jouissent d'une liberté méconnue des grandes entreprises.

Certaines, comme Kelwo Chiloé, jouent toujours leur rôle d'intégration en employant essentiellement des autochtones touchés par le Sida. Dans les OEP, travailler signifie résister. A l'origine résister à un régime militaire, aujourd'hui à la précarité ou aux discriminations.

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