Avec le film "8", les "cinéphilanthropes" crèvent l'écran

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Wim Wenders, Jan Kounen et six autres cinéastes de renom ont réalisé des courts-métrages sur les Objectifs du millénaire pour le développement.

Le 5 février sort officiellement le film "8", une petite merveille de film engagé. Ce projet innovant a consisté à réunir huit réalisateurs de renom pour leur confier chacun la réalisation d'un court-métrage sur l'un des huit objectifs du Millénaire pour le développement.

Dans l’ordre: Jane Campion, Wim Wenders, Gaspar Noé, Abderrahmane Sissako, Mira Nair, Gus Van Sant, Gael Garcia Bernal, Jan Kounen. Chacun a accepté de mettre en scène l’un des objectifs du millénaire à travers des fictions ou des narrations parfois dures ou émouvantes.

La crise n’a épargné personne et a un peu relégué au second plan ces objectifs dont on nous glorifiait les vertus. Les retards se sont accumulés, quand ce ne sont pas des retours en arrière purs et simples. La date butoir, elle, est toujours là: 2015, le temps presse!

Avec "8", on pleure avec la Fille de Jane Campion, on cesse de respirer pour le malade du sida de Gaspar Noé, on tremble pour la femme enceinte de Jan Kounen et on vibre pour la merveilleuse incarnation du peer-to-peer de microcrédit de Wim Wenders... Il y en a pour tous dans cet éventail d’émotions sur la destinée de l’homme. Car ce film est aussi un film sur l'Homme et ça nous change des ritournelles sur la planète bleue.

Arthus-Bertrand, Hulot, Perrin et les autres nous ont assommé de leur images, aussi fortes que déprimantes et qui pour bien d’entres elles nous laissent sur notre faim: and so what? Ce qui nous arrive est horrible mais qui suis-je, moi, pour y faire quoi que ce soit? On en sort imprégné d’images fortes mais aussi d’un tel sentiment d’impuissance.

8 bouleverse le genre. Juxtaposition de mini œuvres cinématographiques engagées, il ne laisse pas indifférent et sa projection dans de nombreux festivals, ainsi qu'à Cannes, a chaque fois soulevé dans les salles des réactions unanimes: mais que pouvons-nous faire pour agir, pour aider? C’est la force d’un film qui parle des hommes en particulier et pas de la Terre en général; il donne l’envie d’aider.

Un appel à soutenir des ONG

Dans le sillage du peer-to-peer, l'idée géniale de Marc Obéron et Lissandra Haullica, coproducteurs du film, est de rebondir sur cette attente du public et de proposer pour la première fois un site dédié aux "cinéphilantropes": en plus de la diffusion universelle du film gratuitement sur internet, la mise en avant d'actions concrètes est proposée par l'association de chaque court-métrage avec une ONG ou un projet social en lien avec les sujets traités.

Du microcrédit avec Babyloan*, de l’éducation avec Planète urgence, de la lutte contre la mortalité infantile avec ACTED, du VIH avec Oxfam etc. Chacun pourra, en fonction de sa sensibilité choisir le ou les projets qu’il souhaite supporter. Cette démarche à la fois artistique et solidaire donne un magnifique site internet "letempspresse.org", lieu de fusion entre notre indéfectible penchant cinéphile et notre viscérale envie de contribuer au bien-être des plus démunis.

Cette approche originale donne une dimension nouvelle au cinéma, associant création et action, du jamais vu, une très grande réussite. Pour voir et agir sans modération, à télécharger absolument dès le 5 février. 

Le film est visible ici.

Photo: Copyright LDM Production

*Arnaud Poissonnier est fondateur de Babyloan.

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