
La fondation Abbé Pierre mobilisée pour les enfants mal logés
Joaquim Soares de la fondation Abbé Pierre commente le rapport annuel sur le mal logement. Ce 15e rapport est centré sur les conditions de logement des enfants.
Youphil: Selon votre rapport, 600.000 enfants souffrent de mal logement. Quelles sont les situations de précarité que vous distinguez?
Joaquim Soares*: Les enfants des familles sans domicile fixe ou vivant dans un habitat de fortune (cabane, cave, garage) sont au nombre de 20.000 environ. On y inclut les mineurs étrangers en errance, qui seraient plusieurs milliers. C’est une réalité qui est heureusement limitée grâce à notre système social.
Par ailleurs, près de 400.000 enfants vivent dans un habitat insalubre, surpeuplé ou en sous-location.
Enfin une autre grosse catégorie est celle des enfants de familles hébergées chez des tiers ou dans des centres d’hébergements. Ces conditions ont un impact sur le développement de l’enfant, lorsqu’il n’a pas la place pour faire ses devoirs, ou dormir correctement par exemple.
La santé peut également être mise en danger: on constate une mauvaise alimentation, des cas de saturnisme (liée à la présence excessive de plomb) ou des problèmes respiratoires dans les logements humides ou mal ventilés.
Youphil: Les centres d’hébergement ne sont-ils pas adaptés?
J.S.: De plus en plus de familles monoparentales vivent dans les centres d’hébergements temporaires. C’est un phénomène qui s’accentue ces dernières années avec la montée de la précarité.
Environ 16.000 enfants vivent dans ces centres. Or, ces structures d’accueil ont été pensées pour des personnes seules. Souvent, des familles à la rue se retrouvent séparées dans les centres d’hébergement. On met d’un côté la mère et les enfants, et de l’autre le père.
Nous souhaitons la disparition des dortoirs pour que soient mis en place des logements individuels. De nombreux SDF préfèrent d’ailleurs souvent dormir dans la rue par peur de l’insécurité dans ces centres.
Youphil: Parmi vos propositions pour régler la crise du logement (voir encadré) vous suggérez de renforcer la loi Solidarité et Renouvellement Urbains (SRU*) imposant aux communes de construire des logements sociaux...
J. S.: Oui. La loi SRU a institué une taxe pour les logements vacants, dans les agglomérations de plus de 200 000 habitants. Or on observe que dans les villes où cette taxe est en vigueur, le nombre de logements vacants a beaucoup reculé. Nous proposons d’étendre cette taxe aux villes de plus de 50 000 habitants. 1,8 million de logements privés sont vacants en France!
Nous souhaitons également que les communes consacrent non pas 20% mais 30% de logements sociaux dans leurs programmes immobiliers.
>Pour télécharger le rapport 2010 sur le logement, cliquer ici.
*Joaquim Soares est directeur à la fondation Abbé Pierre.
**Cette loi, votée en 2000, oblige les communes à consacrer 20% de logements au parc social.
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Un beau témoignage sur Amma
Isabelle